Rapport d'activité du Comité de Surveillance du SIDA: 98 nouveaux cas en 2016!

En 2016, le nombre de nouveaux cas d’infection à HIV recensés au Luxembourg a atteint un triste record, avec 98 patients, dont 73 hommes et 25 femmes. Ces chiffres ressortent du rapport d’activité 2016 que le Comité de surveillance du SIDA, des hépatites infectieuses et des maladies sexuellement transmissibles vient de publier.


Le mode de contamination principal reste les rapports hétérosexuels (39), suivi par les rapports homo- et bisexuels (32) et l’usage de drogues par voie intraveineuse (21), surtout dans le groupe d’âge des 26-35 ans.


Augmentation confirmée des nouvelles infections par le VIH parmi les usagers de drogues par voie intraveineuse en 2016


Depuis 2014, la proportion de nouveaux cas d’infection VIH parmi les usagers de drogues par voie intraveineuse (UDI) affiche une hausse sensible. Ainsi, de janvier 2013 à décembre 2016, 67 nouveaux cas d'infection par le VIH chez les UDI ont été identifiés ; 86% des patients étaient co-infectés par le virus de l’hépatite C et 62,5% suivaient un traitement de substitution.


« L’augmentation importante du nombre d’infections auprès des usagers de drogues par voie intraveineuse ces dernières années est très préoccupante, d’autant plus que le Luxembourg dispose à ce jour d’une grande diversité d’offres de réduction de risques performantes. », a souligné Lydia Mutsch.


Au-delà des actions de dépistage et des campagnes d’information, il est essentiel pour la ministre de la Santé, de développer des stratégies complémentaires dans le cadre de l’élaboration du nouveau plan d’action national SIDA, pour endiguer cette flambée épidémique chez les UDI, marginalisés et en grande difficulté.


« Une des réponses envisagées est la mise en place d’un dispositif mobile qui servira à entrer en contact avec les usagers les plus exposés, d’augmenter la couverture de dépistage du VIH et des hépatites infectieuses parmi ces derniers et de les réintégrer, dans la mesure du possible, dans le système d’aide et de soins. » , a expliqué Lydia Mutsch.


L'injection de cocaïne semble être un facteur de risque clé lié à la reprise des infections au VIH parmi les usagers de drogues et elle est souvent associée au partage et à la polyconsommation de drogues. Comme l’a expliqué le Dr Vic Arendt, président du Comité de surveillance du SIDA, des hépatites infectieuses et des maladies sexuellement transmissibles : « Le terreau pour cette épidémie dans l'épidémie, c'est d'une part la consommation de cocaïne en injection et d'autre part le décrochage social : c'est en grande partie au sein d'un sous-groupe d’usagers de drogues par voie intraveineuse qui ont perdu leur situation sociale, leur logement, leur assurance santé que l'épidémie s'étend. »


Le comité plaide notamment pour des actions qui ciblent plus particulièrement les UDI hors des circuits de traitement et de soins, la mise en place ou le renforcement de mesures de prévention telles que des clips vidéo informatifs, des interventions de sensibilisation, et finalement une couverture médicale universelle pour les UDI en décrochage social. La prophylaxie préexposition (PrEP) chez les injecteurs de drogues actifs pourrait également être considérée comme un outil supplémentaire de prévention.


Dans ce contexte, le comité salue la décision des ministères de la Santé et de la Sécurité sociale de prendre en charge la PrEP, dans le cadre d'un projet pilote, en cours depuis le 1er avril au sein du Service National des Maladies Infectieuses. Le Luxembourg sera ainsi le 3e pays d'Europe après la France et la Norvège à rendre accessible ce nouvel outil de prévention.


13% des personnes vivant avec le VIH au Luxembourg, ne le savent pas !


Grâce à un outil de modélisation de l’ECDC (European Center for Disease Control), il est estimé que 87% des personnes vivant avec le VIH avaient été diagnostiquées, donnant ainsi un nombre total estimé de 1.065 personnes vivant avec le VIH dans le pays.


Cependant, sur les 1.065 personnes, les estimations précisent que 13% ne le savent pas, car elles n’ont pas fait de test.


Or, la seule condition pour avoir accès à des traitements permettant de contrôler le virus au point d’éviter l’apparition de maladies opportunistes, est de savoir si on est infecté. Le dépistage du VIH est le seul moyen de connaître son statut sérologique.


Pour cela, un seul geste s’impose : Faire le test de dépistage!


Pour le ministère de la Santé, en étroite collaboration avec la HIV Berodung de la Croix-Rouge luxembourgeoise et le DIMPS (Dispositif d’Intervention Mobile pour la Promotion de la Santé Sexuelle), il est donc essentiel de continuer

  • à mener des actions et des campagnes d’information et de sensibilisation, ciblant en particulier les personnes marginalisées, les usagers de drogues, et les prostitué(e)s ;
  • de rappeler les messages de prévention et de protection, c’est-à-dire le port systématique du préservatif lors de relations sexuelles avec un partenaire dont on ignore le statut sérologique ;
  • d’encourager la détection précoce grâce au test VIH, afin de pouvoir débuter le traitement le plus tôt possible, et de réduire ainsi le risque de nouvelles contaminations.
  • Dernière modification le 23-08-2017