Bilharziose

Définition

La bilharziose, ou schistosomiase, est une parasitose due à la pénétration d'un ver à travers la peau.

Il se loge dans les veines et provoque des manifestations pathologiques liées à l'atteinte des viscères. Cette affection touche plus de 300 millions de personnes à travers le monde, essentiellement dans les pays tropicaux. Il s'agit donc d'un véritable fléau en raison de son impact sur la santé publique et sur le développement socio-économique des pays touchés.

Causes

Il existe cinq espèces de parasites (ou schistosomes) qui peuvent parasiter l'homme (un parasite est un organisme vivant qui ne peut vivre et se reproduire que dans un autre organisme):

  • Schistosome haematobium: à l'origine d'une bilharziose urinaire, essentiellement en Afrique et au Proche-Orient.
  • Schistosome mansoni: à l'origine d'une bilharziose intestinale, au Brésil et en Afrique sub-saharienne.
  • Schistosome japonicum et schistosome mékongi: également à l'origine d'une bilharziose intestinale ou d'une bilharziose artério-veineuse, en Asie (Chine, Indonésie, Philippines).
  • Schistosome intercalatum: à l'origine d'une bilharziose rectale, en Afrique centrale.

Dans tous les cas, le cycle parasitaire fait intervenir un hôte intermédiaire, un mollusque vivant dans les eaux douces. Les larves de schistosomes sont libérées dans le milieu aquatique.

L'homme s'infeste par simple contact avec les eaux douces (lacs, rivières, mares, fleuves), car le parasite peut alors traverser la peau saine pour aller se développer dans les vaisseaux sanguins.

Les vers adultes vivent en couple dans les veines des sujets contaminés. La femelle pond, de façon continue, de nombreux oeufs qui sont éliminés dans les urines et dans les selles.

Conseils pratiques

  • Se renseigner sur l'existence du risque (consulat, médecin) avant un voyage dans un pays tropical.
  • En cas de séjour dans une zone à risque: ne se baigner qu'en mer ou en piscine.
  • Ne pas marcher pieds nus sur les plages. Ne pas s'allonger à même le sable.
  • Eviter de laisser sécher le linge à l'extérieur ou sur le sol.
  • Porter des chaussures fermées sur les sols boueux ou humides.
  • Ne pas marcher ou se baigner dans les eaux douces stagnantes.
  • Ne pas caresser les animaux et consulter rapidement en cas de morsure ou de griffure.

Quand consulter

Symptômes liés à une bilharziose urinaire (schistosomes haematobium)

  • Manifestations aiguës: fièvre, dysurie (difficultés à uriner), pollakiurie (mictions très fréquentes), hématurie (sang dans les urines).
  • Douleurs des reins, comme dans la colique néphrétique.
  • Signes génitaux chez l'homme: épididimyte (inflammation testiculaire), hémospermie (sang dans le sperme).
  • Fausses couches à répétition ou accouchements prématurés.
  • Stérilité.

Symptômes liés à une bilharziose digestive (schistosomes mansoni)

  • Manifestations aiguës: fièvre, diarrhée (avec glaires et sang dans les selles), vomissements.
  • Signes hépatiques: ascite (accumulation de liquide dans le ventre), vomissements sanglants pouvant révéler des varices dans l'oesophage, cirrhose.
  • Signes intestinaux: douleurs abdominales et diarrhée liées à des ulcérations ou à des kystes. Risque de complication à type d'appendicite ou d'occlusion intestinale.
  • Fibrose pulmonaire (toux, dyspnée), pouvant entraîner une défaillance cardiaque.

Symptômes liés à une bilharziose digestive ou artério-veineuse (schistosomes japonicum, schistosomes mekongi)

  • Fièvre.
  • Oedème.
  • Céphalées, douleurs musculaires.
  • Douleurs abdominales et diarrhée.
  • Cirrhose du foie.
  • Complications pulmonaires, cardiaques.

Examen

L'interrogatoire recherche la notion d'un séjour en pays à risque et des contacts avec l'eau douce. L'examen clinique peut retrouver une hépatomégalie (foie augmenté de volume), une ascite, etc.

La numération formule sanguine montre une éosinophilie (augmentation des polynucléaires éosinophiles).

Le diagnostic est confirmé par des examens complémentaires: examen des selles, des urines, biopsie de la muqueuse rectale, qui permettent de mettre en évidence les oeufs typiques de la bilharziose. La recherche d'anticorps spécifiques du parasite est positive dans les deux semaines suivant la contamination.

En cas d'atteinte hépatique, une ponction-biopsie hépatique permet de confirmer le diagnostic.

Traitement

Le traitement actuel de la bilharziose fait appel à un médicament de référence, le praziquantel, en une seule prise. Il est actif sur toutes les espèces de schistosome.

Il faut continuer à rechercher des oeufs dans les selles trois à douze mois après le traitement.
Toutefois, des séquelles peuvent persister selon l'ancienneté et la gravité des lésions. Un traitement chirurgical peut alors être proposé, notamment en cas d'atteinte de l'urètre ou de la vessie.

Les varices oesophagiennes sont traitées, par voie endoscopique, par sclérose ou par ligature.

Comment prévenir?

La prévention consiste à éviter les contacts avec l'eau douce dans les zones contaminées.

La vaccination à grande échelle n'est malheureusement pas envisageable à l'heure actuelle.

En revanche, il est utile d'aider les pays concernés par cette parasitose dans la protection de l'eau et son recyclage, la construction d'égouts, de systèmes d'évacuation des eaux usées, le forage de puits et la destruction des mollusques par des moyens chimiques.

Source

  • Mise à jour : Dr Philippe Presles
  • Auteur : Dr Sylvie Coulomb
  • Source : Médecine tropicale - M. Gentilini - 5ème édition, Flammarion. Le Guide d'information et de conseils pratiques de la société de médecine des voyages : Médecine des voyages, 4e édition, Ed. Format utile, 30 rue de la Varenne, 94100 Saint-Maur. Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) n° 24/2002 : Recommandations sanitaires pour les voyageurs.
  • Dernière modification le 28-11-2016