Dysfonctionnemet érectile (impuissance sexuelle)

Définition

Le terme "impuissance" n'est plus guère utilisé par les médecins. Ceux-ci parlent plutôt de troubles d'érection ou de dysfonctionnement érectile, expressions qui font référence à l'incapacité d'obtenir et de maintenir une érection suffisamment rigide pour avoir une activité sexuelle satisfaisante.

Il faut savoir que, pour que l'on puisse parler de troubles de l'érection, cette incapacité doit se répéter constamment et durer depuis au moins trois mois. On ne parle donc pas de troubles de l'érection dans le cas d'un homme qui a connu un problème momentané qui ne s'est pas reproduit.

Sujet encore tabou, les troubles d'érection sont pourtant fréquents : un homme sur 10 en souffre au cours de sa vie. À partir de la cinquantaine, le risque d'en être affecté augmente de façon nette. Le dysfonctionnement érectile peut être d'origine physiologique (dans 50 % des cas), d'origine psychologique ou mixte.

Dysfonctionnement érectile d'origine physiologique

  • Rare chez l'homme de moins de 50 ans en bonne santé et plus fréquent chez l'homme âgé.
  • Disparition des érections nocturnes ou matinales.
  • Il s'installe le plus souvent de façon graduelle, au fil des mois et même des années.
  • L’incapacité (totale ou partielle) à obtenir ou à maintenir une érection quelles que soient les circonstances;
  • Il est réversible dans beaucoup de cas.

Dysfonctionnement érectile d'origine psychologique

  • Érections nocturnes ou matinales conservées.
  • Érection complète lors de la masturbation.
  • Un trouble qui survient le plus souvent de façon subite.
  • Il ne survient que dans certaines circonstances.
  • Il ne semble associé à aucune maladie.

Causes

Dysfonctionnement érectile d'origine physiologique

Anomalies des vaisseaux sanguins
Les troubles vasculaires, artériels ou veineux sont responsables d'une grande partie des cas. Parmi les maladies les plus fréquentes, citons le durcissement des artères (artériosclérose), l'hypertension artérielle, un taux élevé de cholestérol (hypercholestérolémie) et le diabète.

Certains médicaments
Les antihypertenseurs, les antidépresseurs, les antipsychotiques, les anticonvulsivants contre l'épilepsie, la cimétidine (pour diminuer la sécrétion d'acide gastrique) ainsi que de fortes doses de médicaments contre l'anxiété (Activan, Valium, etc.) peuvent affecter le mécanisme vasculaire de l'érection.

Prostatectomie radicale (ablation de la prostate)
Cette chirurgie permet de traiter le cancer de la prostate. Comme elle ne peut être effectuée par les voies naturelles, elle atteint parfois les nerfs du pénis, entraînant un trouble érectile dans 50 à 60 % des cas.

Tabagisme
Il constitue une cause importante de troubles de l'érection car il aggrave l'hypertension et l'artériosclérose et favorise une fuite veineuse (incapacité des veines du pénis à retenir le sang).

Anomalies des nerfs et des centres nerveux
Entre autres, traumatisme de la moelle épinière (par exemple, la paraplégie), sclérose en plaques, maladie de Parkinson, etc. Ces maladies peuvent nuire à la transmission de l'influx nerveux des organes génitaux vers le cerveau ou vice-versa.

Maladie de La Peyronie
Cette courbure anormale du pénis est due à une cicatrice dure et palpable à l'intérieur de l'organe. Ce n'est qu'en cas de déformation importante qu'il peut y avoir des troubles de l'érection.

Dysfonctionnement érectile d'origine psychologique

Anxiété de performance
Elle constitue la principale cause psychologique des troubles d'érection. Celui qui en souffre a peur de ne pas être capable d'avoir une érection ou de la maintenir assez longtemps pour sa satisfaction personnelle ou celle de sa partenaire.

Autres facteurs psychologiques
Des problèmes dans le couple, de l'hostilité envers la partenaire, la lassitude sexuelle, une mauvaise éducation sexuelle, des difficultés d'ordre professionnel, une perte d'emploi, des soucis financiers, la fatigue, une rupture amoureuse, une période d'abstinence sexuelle ainsi qu'un sevrage de drogue ou d'alcool après une période d'abus sont quelques-uns des facteurs pouvant entraîner un problème d'érection.

Conseils pratiques

Voir un médecin

Il est important de savoir qu'il existe une solution pour la majorité des hommes souffrant d'un problème d'érection. Confiez-vous à un médecin avec qui vous vous sentez à l'aise et n'hésitez pas à poursuivre vos démarches auprès d'un centre spécialisé dans les troubles de l'érection.

Utiliser des fantasmes et de nouvelles techniques de stimulation

Pour un trouble érectile d'origine psychologique, vous pouvez mettre en application quelques suggestions concrètes: améliorer la communication avec le ou la partenaire; utiliser des fantasmes sexuels; augmenter la durée et l'intensité de la stimulation du pénis par le ou la partenaire; apprendre de nouvelles techniques de stimulation (comme la stimulation orale) et visionner, seul ou en couple, des films érotiques.

Essayer de ne pas en faire une montagne

Un homme aux prises avec un dysfonctionnement érectile a intérêt à ne pas trop s'inquiéter puisque l'anxiété de performance (la crainte "de ne pas pouvoir") peut court-circuiter le mécanisme de l'érection et lui enlever tous ses moyens. Essayez de prendre la chose avec philosophie et profitez-en pour développer votre sensualité. Le reste a bien des chances de revenir plus facilement. Il faut également savoir que, pour la partenaire, les trouble érectiles de son conjoint n'ont pas toujours un effet catastrophique. Beaucoup de femmes vont confier au médecin que leur conjoint est devenu un meilleur amant depuis qu'il ne peut plus les pénétrer parce qu'il explore d'autres facettes de la sexualité.

Adopter de saines habitudes alimentaires

Un régime alimentaire riche en gras peut faire autant de tort au pénis qu'au coeur. Les troubles vasculaires artériels et veineux sont responsables d'une grande partie des cas de dysfonction érectile d'origine physique. Mangez mieux, perdez du poids, si cela est nécessaire, et faites de l'exercice plusieurs fois par semaine. Vous remarquerez que le flux sanguin dans le pénis va s'accroître.

Arrêter de fumer

De mauvaises habitudes de vie telles que le tabagisme perturbent les mécanismes vasculaires de l'érection. Le tabac bloque progressivement les petites artères, nuisant au flux sanguin nécessaire pour l'érection. Fumer peut aussi entraîner des fuites de sang par les veines du pénis lors de l'érection. Cesser de fumer est l'un des gestes les plus importants que vous puissiez faire pour retrouver de bonnes érections.

Limiter sa consommation d'alcool

Un ou deux verres d'alcool permet de lever les inhibitions, de se détendre et de se prédisposer aux rapports amoureux. Cependant, une consommation d'alcool importante peut vous détendre trop et causer un trouble d'érection en endormant votre système nerveux et vos réflexes.

Être contraint à l'abstinence?

Il est fréquent qu'un homme vieillissant doive, pour une raison ou une autre, s'abstenir de relations sexuelles pendant une période assez longue. Cela peut être dû à l'hospitalisation ou encore à la mort de sa conjointe. Il arrive qu'à la suite de cette période d'abstinence, cet homme s'aperçoive qu'il est incapable de recouvrer l'érection. Il peut récupérer sa capacité érectile s'il s'accorde du temps, soit quelques semaines d'interactions sexuelles, et si les rapports sexuels sont exempts de pressions.

Vérifier ses médicaments

Ne cessez surtout pas de les prendre, même si vous craignez qu'ils soient la cause de votre trouble d'érection. Vous pouvez toutefois parler à votre médecin de la possibilité d'en changer pour d'autres qui ne produisent pas cet effet indésirable.

Quand consulter

Vos troubles de l'érection durent depuis au moins trois mois. Consultez un médecin plus tôt si vous souffrez de la situation.

Examen

Le patient qui souffre d'un dysfonctionnement érectile doit s'attendre à ce que le médecin consacre assez de temps à la consultation. Ce dernier trace l'histoire sexuelle et médicale de l'homme et détermine si la dysfonction érectile est de nature principalement physiologique, principalement psychologique ou les deux à la fois (mixte).

Le patient subit un examen physique spécifique (pour vérifier si les organes génitaux, les vaisseaux sanguins, les nerfs et les tissus du pénis fonctionnent normalement). À cet égard, le médecin dispose de plusieurs tests spécialisés dont le Doppler pénien qui permet de mesurer l'apport sanguin artériel dans le pénis.

Traitement

Dysfonctionnement érectile d'origine physiologique - Anomalies des vaisseaux sanguins, des nerfs et des centres nerveux.

Dans le cas où le traitement de ces maladies ne permet pas d'améliorer la fonction érectile du patient, le médecin peut proposer des traitements spécifiques :

  • Le sildénafil (Viagra)
    Ce traitement par voie orale permet de dilater les vaisseaux sanguins du pénis pour y laisser entrer plus de sang et ainsi entraîner une érection. Le médicament ne provoque pas une érection automatique et il n'augmente pas le désir sexuel. Il aide tout simplement l'homme à obtenir ou à maintenir son érection. Il agit donc seulement si l'homme est soumis à une stimulation sexuelle. Près de 80 % des utilisateurs obtiennent des résultats satisfaisants avec ce médicament.
  • Les injections intracaverneuses (ou injections péniennes)
    Elles consistent en l'injection de prostaglandine E1 sur le côté du pénis. Le patient doit toutefois vaincre la crainte d'une injection à cet endroit. En moins de 15 minutes, même sans stimulation sexuelle, le pénis atteint automatiquement une rigidité complète qui dure en moyenne entre 30 et 60 minutes. C'est efficace dans 85 % des cas.
  • Une prothèse externe (ou pompe à vide)
    Il s'agit d'une technique mécanique et non chirurgicale. L'appareil est composé d'un cylindre en plastique, branché sur une pompe. Le pénis est introduit dans le cylindre d'où la pompe évacue l'air, créant un vide qui entraîne l'afflux de sang dans les corps caverneux du pénis. Un anneau est installé à la base du pénis pour empêcher le sang de repartir et le cylindre est enlevé. L'anneau doit absolument être enlevé après 30 minutes d'utilisation, pour éviter la formation de caillots de sang. Les couples qui ont appris à maîtriser cette technique l'estiment efficace à 80 %.
  • Un traitement transurétral
    Le Medicated Urethral System of Erection (MUSE) consiste à insérer dans l'urètre (l'ouverture du pénis) un minisuppositoire d'alprostadil de la taille d'un grain de riz. Le médicament est absorbé par les parois de l'urètre et se rend par la circulation sanguine dans les corps caverneux du pénis, où il permet aux muscles de se relâcher et au pénis de s'engorger de sang. L'érection survient en moins de 20 minutes, qu'il y ait stimulation sexuelle ou pas, et dure généralement moins d'une heure. C'est une méthode efficace dans 40 % des cas.
  • Les prothèses ou implants péniens
    Il en existe de différents types. Des prothèses en silicone sont implantées sous la peau et sont totalement invisibles. La plupart sont gonflables, c'est-à-dire que la rigidité de la prothèse est obtenue en manipulant une pompe que se trouve dans le scrotum. Alors qu'il s'agissait autrefois de la principale méthode pour aider les hommes souffrant de dysfonctionnement érectile, la pose d'implants péniens est aujourd'hui utilisée en dernier recours. Parce qu'elle est irréversible, on ne la recommande que lorsque toutes les autres méthodes ont échoué.
    Il convient parfois de combiner le traitement médical et le traitement psychosexuel pour optimiser les résultats.
  • Prostatectomie radicale
    Les hommes ayant subi une prostatectomie peuvent recourir aux divers traitements de la dysfonction érectile que l'on vient d'énumérer.
  • Tabagisme
    Si son patient montre de la volonté pour cesser de fumer, le médecin peut l'aider en mettant à sa disposition plusieurs moyens, comme des timbres de nicotine et un médicament par voie orale: le bupropion (Zyban). On trouve aussi de la gomme à mâcher à la nicotine en vente libre dans les pharmacies. Arrêter de fumer aide à récupérer la capacité érectile, car cela stoppe les dommages aux veines et aux artères.
  • Maladie de La Peyronie
    Elle peut disparaître spontanément entre six mois et deux ans, sans traitement particulier. Certains hommes, cependant, doivent avoir recours à une chirurgie, après un an et demi ou deux ans, si la déviation gêne réellement l'intromission du pénis dans le vagin.

Dysfonction érectile d'origine psychologique

Le patient est adressé à un sexologue clinicien (titulaire d'une maîtrise en sexologie) pour une sexothérapie, de préférence en compagnie de sa partenaire. La thérapie s'échelonne sur une vingtaine de séances et obtient un très bon taux de succès.

Source

  • Auteur : Dr Pierre Alarie, Sexologue
  • Source : Guide familial des symptômes sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2001
  • Dernière modification le 28-09-2015