Syndrome prémenstruel

Définition

Environ 40 % des femmes en âge de procréer souffrent d'un ou de plusieurs malaises avant les menstruations, mais seulement de 3 % à 9 % d'entre elles éprouvent des malaises suffisamment incommodants pour qu'on puisse les qualifier de syndrome prémenstruel (SPM).

Le syndrome prémenstruel (SPM) frappe rarement les femmes dans la vingtaine. Souvent plus prononcé à partir de 35 ans, ce syndrome disparaît généralement à la ménopause. On note une prédisposition héréditaire au SPM et les femmes ayant déjà été victimes de dépression, d'une dépression post-partum ou d'un trouble de la personnalité sont plus à risque.

On peut souffrir d'un ou de plusieurs des symptômes suivants:

  • maux de tête, oedème généralisé, gain de poids, douleur aux seins, crampes et ballonnements abdominaux, poussées d'acné;
  • agressivité, dépression, anxiété;
  • gain de poids habituel d'un ou deux kilos attribuable à la rétention d'eau. Exceptionnellement, ce gain pondéral peut atteindre 10 kilos;
  • apparition des symptômes de trois à sept jours avant les règles et disparition des symtômes au début des menstruations dans la grande majorité des cas; exceptionnellement, le SPM peut durer une vingtaine de jours (depuis la fin des menstruations jusqu'au début des suivantes).

Causes

Dérèglements hormonaux

L'hypothèse du déséquilibre hormonal est la plus étudiée: excès d'oestrogènes, manque de progestérone ou dérèglement d'autres hormones, notamment la prolactine (hormone sécrétée par l'hypophyse, surtout connue pour son rôle dans la lactation, mais qui exerce aussi d'autres fonctions biologiques).

Conseils pratiques

  • S'assurer qu'on ne souffre pas de dépression. Les symptômes de la dépression peuvent ressembler à ceux du SPM, mais seuls ceux du SPM surviennent uniquement avant les menstruations.
  • S'assurer qu'on n'exagère pas ses symptômes. Le véritable SPM altère nettement la qualité de vie.
  • Apprendre à gérer son stress. Le stress augmente le risque de souffrir du SPM. L'activité physique, qui favorise un métabolisme sain, ainsi que les exercices de relaxation vous feront le plus grand bien.
  • Modifier son alimentation. En tout temps, mais surtout pendant la semaine précédant les menstruations, vous avez intérêt à diminuer la consommation d'excitants tels que le café (qui accentue les douleurs aux seins), le thé, le chocolat et les épices. Vous pouvez aussi essayer de remplacer la viande rouge par du veau, du poulet ou du poisson, d'augmenter la consommation de fruits et de légumes, et de prendre plusieurs petits repas par jour plutôt qu'un ou deux repas copieux.
  • Diminuer sa consommation de sel et d'alcool. Ils aggravent la rétention d'eau.
  • Augmenter la consommation de vitamines et de minéraux. Un supplément de calcium (1 g par jour) a souvent un effet bénéfique sur le système nerveux et un supplément de magnésium (375 mg), sur les tissus musculaires. Les deux sont complémentaires, le magnésium favorisant l'absorption du calcium. Ces suppléments pourraient atténuer les crampes menstruelles et la douleur. On trouve également ces minéraux dans les produits laitiers, les légumes verts, les légumineuses, le tofu et le saumon en boîte. Les épinards, le tofu et certains poissons, entre autres le flétan et le maquereau, contiennent du magnésium. Les vitamines A (légumes verts et orangés) et D (poisson, lait enrichi, grains entiers) pourront atténuer vos poussées d'acné. Quant à la vitamine B6 (de 25 à 100 mg par jour), qui peut soulager plusieurs symptômes, de l'oedème aux sautes d'humeur, en passant par la fatigue et les seins douloureux, on la trouve dans plusieurs espèces de poissons ainsi que dans le blanc de poulet, les pommes de terre et les bananes. La vitamine B12, essentielle à la santé du système nerveux, se trouve dans tous les produits d'origine animale.
  • Cesser de fumer. Le tabac peut faire diminuer les taux de vitamines dans l'organisme et perturber le métabolisme en général.

Quand consulter

Consultez votre médecin quand les symptômes physiques (maux de tête, oedème généralisé, gain de poids, douleur aux seins, crampes et ballonnements abdominaux, poussées d'acné) et/ou psychologiques (agressivité, dépression, anxiété) surviennent avant chaque menstruation et perturbent votre vie quotidienne.

Examen

Le médecin vous demande de tenir un journal pendant deux ou trois mois, pour déterminer si vos symptômes sont bien liés au cycle menstruel et pour en vérifier la constance. Au cours des deux ou trois cycles suivants, il mesure, d'une part, le taux de prolactine vers le 21e jour du cycle et, d'autre part, le taux d'oestrogènes au cours de la première partie du cycle, au moment de l'ovulation puis entre les 21e et 24e jours. Vous devez noter votre poids tous les jours. Votre alimentation est scrutée afin de voir si certains symptômes s'expliquent par de mauvaises habitudes alimentaires.

Traitement

En premier lieu, le médecin recommande d'éliminer de l'alimentation certains aliments susceptibles d'aggraver les symptômes et il s'assure que celle-ci apporte toutes les vitamines nécessaires.
Côté médicaments, on traite au besoin l'oedème par des diurétiques.

Les douleurs aux seins peuvent être soulagées par des anovulants ou du Parlodel (substance qui inhibe la prolactine). Étant donné qu'il n'y a pas de SPM sans ovulation, on peut avoir recours à des traitements bloquant complètement l'ovulation, tels que les anovulants, même chez des femmes qui n'ont pas besoin d'un moyen de contraception (par exemple, les femmes ligaturées, qui ne peuvent avoir d'enfant pour une raison médicale, ou celles qui utilisent un moyen de contraception mécanique). Pour la même raison, on peut utiliser des injections de Depo-Provera, une progestérone qui inhibe complètement le cycle menstruel. Ce dernier traitement présente néanmoins l'inconvénient de causer parfois une dépression légère. Le Danazol, un anti-oestrogènes, peut être prescrit à très faibles doses. Il a pour effet de réduire le taux d'oestrogènes sans que le cycle menstruel soit perturbé. Le Naproxen est généralement efficace contre les maux de tête, tout comme le Premarin, que l'on pourra prescrire à faibles doses en fin de cycle.

Pour soulager les symptômes psychologiques, des médicaments anxiolitiques tels que le Serax sont utiles pour réduire l'anxiété. Les antidépresseurs de la famille des ISRS (inhibiteurs du recaptage de la sérotonine), tels que le Prozac, sont particulièrement efficaces contre la dépression associée au SPM et ils ne créent pas d'accoutumance. L'inconvénient est qu'ils mettent de quatre à six semaines avant d'agir. Des techniques utilisées dans le traitement de certaines dépressions, notamment la photothérapie (exposition à la lumière), peuvent aussi rendre service.

Source

  • Auteur : Dr Yves Lefebvre,Gynécologue-obstétricien et Dr Mann Malouf, Gynécologue
  • Source : Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media,2001
  • Dernière modification le 19-10-2015