Chirurgie esthétique : possibilités et risques

Définition

Sur 57.500 opérations par année au Luxembourg, environ 5.000 interventions chirurgicales ont trait à l'esthétique pour des raisons personnelles ou pour des raisons médicales. 

La chirurgie purement esthétique, réalisée à la demande des clients,  non remboursée par la caisse nationale de santé et dont les coûts sont  pris en charge en totalité par la personne opérée,  représente environ 150 interventions par an .

La chirurgie plastique ou reconstructrice constitue la plus grande partie des interventions chirurgicales. Elle est prise en charge par la sécurité sociale après autorisation du contrôle médical de la sécurité sociale. 

Parmi la chirurgie reconstructrice, on retrouve les interventions pour réduction des seins, les interventions chirurgicales esthétiques après une chirurgie de l'obésité, après un accident ou un cancer,…

Causes

  • Souffrance psychologique liée à un nez disgracieux, des oreilles décollées, des seins trop gros/petits, etc. Cela concerne surtout les femmes jeunes souffrant d'un véritable complexe dû à leur physique.
  • Désir de mieux-être, refus de vieillir. Il s'agit dans ce cas de femmes plus âgées souhaitant retrouver une silhouette ou un visage plus jeune.
  • Hommes soucieux de leur apparence. Aujourd'hui, deux personnes sur dix qui consultent un chirurgien esthétique sont des hommes. Ils souhaitent essentiellement se faire enlever les poches sous les yeux, lutter contre la calvitie par des implants capillaires ou gommer des poignées d'amour...

Conseils pratiques

S'assurer de la qualification du chirurgien

En effet, pour se déclarer spécialiste en chirurgie plastique reconstructrice et esthétique, le praticien doit avoir suivi un cursus en chirurgie générale, puis une spécialisation en chirurgie plastique. Pour savoir si votre médecin bénéficie de cette qualification, vous pouvez le lui demander.

Consulter plusieurs chirurgiens

Le recueil de différents avis vous permettra de choisir le médecin avec lequel vous vous sentez le plus en confiance. Une bonne relation préopératoire patient/chirurgien est essentielle

Se méfier des médecins trop empressés qui vous donnent un rendez-vous très rapide pour une intervention

Il s'agit d'une décision réfléchie que vous devez prendre et le médecin doit vous aider dans cette démarche, en vous laissant le temps de la réflexion. Il est ainsi vivement conseillé de respecter un délai de réflexion de 15 jours avant de prendre une décision.

N'accepter aucune intervention sans devis préalable

Le chirurgien doit fournir un devis au patient avant toute intervention nécessitant une anesthésie. La plupart des interventions en chirurgie esthétique ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale. Néanmoins, certains actes peuvent être pris en charge, notamment dans le domaine de la chirurgie reconstructrice. Il est recommandé au patient de s'informer auprès de sa caisse d'assurance maladie et de son médecin traitant.

Se méfier des publicités qui abondent dans la presse

La publicité est interdite dans le domaine médical. Toute publicité qui vante les prouesses de non professionnels est suspecte.

Quand consulter

  • Un défaut physique est à l'origine d'une importante souffrance psychologique.
  • Une pathologie est en cause: brûlure, malformation à la naissance (ex: un bec de lièvre), cancer du sein ayant entraîné une mammectomie. Dans ces cas, les actes de chirurgie esthétique peuvent être pris en charge par la sécurité sociale.
  • Il s'agit de convenance personnelle: oreilles décollées, peau du ventre distendue après un accouchement, rides du visage...

Examen

Il est recommandé d'exprimer très clairement votre attent au chirurgien. Vous devez vous sentir à l'aise et en confiance. De son côté, le médecin doit bien cerner vos motivations. Informez-vous de façon précise sur les modalités de l'intervention, les contre-indications et les suites opératoires, à court et à long terme.

L'indication doit être posée en tenant compte de ces trois paramètres: la morphologie de la personne, son profil psychologique, et l'amélioration envisagée. En effet, la chirurgie esthétique est toujours un acte grave et radical, qui engage tout autant le chirurgien que le patient.

Traitement

Il faut bien faire la différence entre chirurgie plastique, esthétique, et reconstructrice. Il existe d'une part une chirurgie propre aux pathologies, dite reconstructrice. Elle permet de retrouver un état normal, antérieurement altéré. Elle intervient, notamment, dans un contexte de brûlures, de malformations à la naissance ("bec de lièvre"), ou à la suite de cancers (reconstruction d'un sein après une mammectomie).

D'autre part, la chirurgie plastique englobe la chirurgie esthétique. Celle-ci est une chirurgie destinée à améliorer l'apparence du corps, mais sans qu'il y ait eu une altération antérieure. Il s'agit d'une chirurgie de convenance personnelle (telle qu'un nez disgracieux, ou un visage ridé). Le chirurgien esthétique a dans ce domaine un rôle essentiel de conseil: il vous dit ce qui est possible et ce qui ne l'est pas, ce qui est raisonnable et ce qui ne l'est pas. Il vous prévient des risques, des complications possibles des douleurs éventuelles liées à l'intervention et aux suites.

Aux retouches sur mesure des seins, des paupières ou du front correspondent actuellement des actes chirurgicaux très codifiés et parfaitement maîtrisés. La lipoaspiration, l'intervention chirurgicale la plus pratiquée au monde, en est un bon exemple. Elle donne rapidement de très bons résultats sur le ventre, la culotte de cheval, les fesses, les genoux et les chevilles.

Si cette chirurgie spécifique peut apporter un mieux-être, elle impose en contrepartie à des personnes qui sont en bonne santé les risques d'une anesthésie (allergie et, exceptionnellement, décès). Par conséquent, elle n'évite pas les complications inhérentes à tout geste chirurgical classique (saignements, infections, mauvaises cicatrices...). Et sa garantie de résultat reste variable, puisqu'elle demeure tributaire des caractéristiques de chaque patient, et de l'expérience du chirurgien. Ainsi, personne n'est en mesure de prédire de façon précise le résultat final, qui variera beaucoup en fonction de la cicatrisation. Celle-ci peut s'étendre de plusieurs mois à plusieurs années.

Source

  • Auteur : Dr Sylvie Coulomb
  • Source : Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Media, 2001
  • Dernière modification le 19-10-2015