Varicelle

Définition

La varicelle est une maladie éruptive et contagieuse, due à un virus.

Depuis la pratique du "ROR", vaccin contre la rubéole, les oreillons et la rougeole, elle reste la seule maladie éruptive fréquemment rencontrée et l'on en recense de 600.000 à 700.000 cas par an en France.

Survenant dans 90 % des cas chez l'enfant entre un an et 14 ans, la varicelle est généralement bénigne. Chez l'adulte ou la personne immunodéprimée, elle peut cependant entraîner des complications, notamment des surinfections bactériennes. Le zona représente une récurrence du virus de la varicelle.

Causes

Un virus de la famille de l'herpès, appelé virus varicelle-zona (VZV). Il se transmet par les voies respiratoires ou par contact direct avec les vésicules (boutons rouges remplis d'un liquide transparent). Il se propage le plus souvent sous forme d'épidémies, surtout à la fin de l'hiver.

La durée d'incubation du virus (phase silencieuse de la maladie) est d'environ deux semaines, pendant lesquelles la personne est contagieuse (sans le savoir). Les risques de contagion disparaissent lorsque les boutons sèchent et se recouvrent d'une croûte.

En principe, les personnes qui ont eu une varicelle dans l'enfance sont protégées, mais elles peuvent en revanche présenter plus tard un zona (car le virus persiste à l'état silencieux dans les ganglions rachidiens). Il peut se réveiller des années après l'épisode de varicelle, à l'occasion d'un stress (maladie, fatigue...), devenir virulent et entraîner un zona.

Conseils pratiques

Prendre des douches rapides plutôt que des bains pour éviter que les croûtes ne ramollissent et laissent des cicatrices.

Éviter d'essuyer les croûtes en les frottant. Mieux vaut les tamponner doucement.

Couper les ongles des doigts et des orteils courts pour éviter le grattage et les cicatrices. Si possible, faire porter des gants et des chaussettes jour et nuit.

Éviter à l'enfant la chaleur et la transpiration qui peuvent augmenter les démangeaisons.

Ne pas laisser l'enfant au soleil car il y a un risque que les vésicules s'étendent aux endroits exposés.

Éviter les aliments salés ou épicés pour ne pas irriter des lésions situées dans la bouche. Éliminer également les fruits acides pour la même raison.

Éviter tout contact avec une femme enceinte, surtout en fin de grossesse, car la varicelle est dangereuse pour le bébé.

Quand consulter

L'enfant présentant une éruption de boutons sur l'ensemble du corps (elle débute généralement sur le thorax), y compris le cuir chevelu et les muqueuses (dans la bouche notamment). Les boutons sont ronds, rouges et se transforment rapidement en petites vésicules (petites cloques) remplies de liquide. Celles-ci sèchent en quelques jours et forment une croûte. L'éruption cutanée est souvent associée à une légère fièvre, des maux de tête et/ou de gorge. Il faut savoir que la période contagieuse débute 48 heures avant l'apparition des boutons et dure environ une semaine.

Manifestations pulmonaires (toux, difficultés à respirer), signes neurologiques. Il s'agit de complications de la maladie, rares, qui surviennent plutôt chez l'adulte ou les personnes souffrant de troubles de l'immunité.

Surinfections bactériennes. Elles concernent surtout la peau et les tissus mous et sont dues au staphylocoque ou au streptocoque. Elles peuvent se rencontrer chez l'enfant qui se gratte avec des ongles sales.

Douleurs à type de brûlures sur le trajet d'un nerf (souvent intercostal) chez une personne qui a déjà eu la varicelle. Il s'agit vraisemblablement d'un zona qui correspond au réveil du virus VZV.

Une femme enceinte en contact avec le virus de la varicelle. En début de grossesse, il y a un risque de varicelle congénitale, avec des malformations possibles du foetus (neurologiques, oculaires, musculo-squelettiques). Si le contact avec le virus a lieu dans les jours précédant ou suivant l'accouchement, le nouveau-né est alors exposé au risque de varicelle néonatale. Elle est plus grave car les complications pulmonaires, neurologiques ou hépatites sont plus fréquentes.

Enfant présentant une hémopathie maligne ou une tumeur solide, en contact avec le virus de la varicelle. La varicelle est grave car l'enfant est immunodéprimé et les complications alors plus fréquentes.

Examen

Le médecin n'a généralement aucune difficulté à faire le diagnostic de varicelle: il suffit de regarder les boutons, ils sont caractéristiques.

Il est exceptionnel de faire une sérologie, en cas de doute, pour rechercher les anticorps spécifiques.

Traitement

Chez les enfants, la varicelle est bénigne et, après plusieurs poussées de vésicules, la guérison est obtenue en 10 à 12 jours.

En cas de fièvre, il ne faut surtout pas donner d'aspirine (risque de syndrome de Reye qui associe encéphalopathie aiguë et atteinte hépatique), ni aucun anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). Donner du paracétamol.

Les démangeaisons provoquées par les boutons sont intenses et les personnes infectées n'ont qu'une envie: se gratter. Le médecin prescrira donc des médicaments antiprurigineux, il s'agit d'antihistaminiques sédatifs de la classe des anti H1.

Pour les soins locaux, il est recommandé de prendre des douches à l'eau tiède avec un savon dermatologique.

Pour prévenir la surinfection cutanée, la chlorhexidine en solution peut être utile. Aucun autre produit (talc, pommade, gel ou crème) ne doit être appliqué sur la peau. En cas de surinfection avérée, un traitement antibiotique adapté sera prescrit par voie orale.

En ce qui concerne les mesures d'éviction, la contagiosité étant maximale dans les jours encadrant l'éruption, les spécialistes recommandent le retour à l'école ou à la crèche avant même la disparition des croûtes, en l'absence de nouvelles poussées de vésicules.

Il existe un traitement antiviral, l'aciclovir. Administré par voie intraveineuse, il est réservé aux formes graves de la maladie : formes compliquées, chez la femme enceinte, chez le nouveau-né ou chez l'immunodéprimé.

Il existe également un vaccin anti-varicelleux de type virus vivant atténué. Si en France cette vaccination préventive systématique n'a pas cours, il est cependant recommandé de vacciner l'enfant immunodéprimé ou présentant une hémopathie maligne.

Source

  • Auteur : Dr Sylvie Coulomb
  • Source : 11e Conférence de consensus en thérapeutique anti-infectieuse de la Société de Pathologie Infectieuse de Langue Francaise (SPILF). Prise en charge des infections à VZV. Méd. Mal. Infect. 1998 ; 28: 1-8. Pathologie infectieuse de l'enfant. P. Bégué, J. Astruc. Masson 1999. Impact Médecine. Consulter. N° 9. 26/03/2002.
  • Dernière modification le 19-10-2015