Cancer du sein

Anatomie du sein

Ces quelques informations sur l’anatomie du sein aident à mieux comprendre les différents types de cancer du sein.

Outre le mamelon et l’aréole, les seins sont composés de glandes mammaires, qui sont formées de plusieurs lobules et canaux.

Les lobules, qui servent à produire le lait, sont reliés entre eux par des canaux pour transporter le lait jusqu'au mamelon. Ces canaux sont appelés canaux galactophores.

Les seins sont parcourus aussi par une multitude de vaisseaux sanguins. Ils sont maintenus par la peau et les fibres du muscle pectoral qui recouvre les côtes.

Dans les seins, on retrouve également des vaisseaux lymphatiques qui servent quant à eux à transporter la lymphe, un liquide incolore qui permet d’éliminer les déchets et  les cellules étrangères (comme les cellules cancéreuses ou les agents infectieux). Elle joue un rôle important dans la protection contre les infections.

Ce liquide qui circule dans les vaisseaux lymphatiques du sein se déverse dans les ganglions lymphatiques, dont la plupart se situent dans le creux de l’aisselle ou à proximité.

Définition

Multiplication incontrôlée de cellules dans le sein

Normalement, les cellules du sein se multiplient de façon contrôlée : elles vieillissent et sont remplacées par des nouvelles cellules.

Parfois, notre corps produit des cellules anormales, qui sont éliminées naturellement. Cependant, dans certains cas, notre corps n’est plus capable d’éliminer ces cellules anormales, dites cellules cancéreuses, et elles se multiplient de manière anarchique.

La prolifération incontrôlée de ces cellules cancéreuses forme alors un amas dans le sein qui en grossissant devient une tumeur.

Tumeur bénigne ou maligne

Quand une tumeur est détectée dans le sein, il  faut l’analyser afin de savoir si elle est cancéreuse ou non.

Le plus souvent, surtout chez les jeunes femmes, les tumeurs du sein sont bénignes (par exemple un kyste): elles ne sont pas cancéreuses. Même si elles continuent à grandir localement, elles n’affectent pas le tissu avoisinant et ne forment pas de métastases.

Le cancer du sein est quant à lui une tumeur maligne.

Quand les cellules cancéreuses forment des métastases

Quand la tumeur est maligne, elle peut rester localisée dans le sein ou se propager dans d'autres parties du corps par le biais des vaisseaux sanguins et des canaux lymphatiques.

Quand la tumeur est diagnostiquée à un stade pré-cancéreux, c'est une tumeur dite non-invasive ou in situ.

A un stade plus avancé, les cellules cancéreuses se multiplient et la tumeur grossit. Les cellules cancéreuses peuvent alors s’échapper de la tumeur, quitter leur point de départ et envahir d’autres endroits de l’organisme. Dans ce cas, il s’agit d’un cancer invasif ou infiltrant.

Le premier relais touché par les cellules cancéreuses sera les ganglions lymphatiques qui sont situés à proximité du sein. Toutefois, les métastases peuvent atteindre d’autres organes comme le foie, les poumons, les os, le cerveau, la peau,... et perturber le fonctionnement normal de ces organes.

Si les cellules cancéreuses d’un cancer du sein se retrouvent dans d’autres organes, on dit que le cancer est métastatique.

La gravité du cancer du sein sera liée à la présence de métastases et leur localisation.

Les stades d’évolution d’un cancer du sein

Définir le stade du cancer du sein est important pour évaluer la propagation du cancer dans le sein et à l’extérieur du sein. Cela déterminera les risques de réapparition du cancer et jouera un rôle important dans le choix du traitement.

Il existe 5 stades différents. Un système de classification définit les stades du cancer du sein selon un chiffre de 0 à 4.

Le stade 0 est un cancer « non-invasif » ou « in situ ». Le stade 4 est quant à lui un cancer métastatique où le cancer du sein est propagé dans le corps. Plus le stade est proche de zéro, plus les risques de récidives sont faibles.

Trois analyses restent essentielles pour définir le stade du cancer du sein. Il s’agit de la taille de la tumeur, le degré de contamination des ganglions lymphatiques et la présence ou l’absence de métastases dans d’autres organes.

Formes

Les cancers du sein ne sont pas identiques.

Il existe de grandes différences selon que le cancer se propage rapidement ou pas, qu’il soit sensible ou non aux hormones, qu’il soit situé plus vers l’extérieur ou l’intérieur du sein.  

On peut diviser les cancers du sein en deux grandes catégories :

  • Le cancer dit non-invasif  ou in situ
  • Le cancer dit invasif ou infiltrant

Cancer du sein non-invasif ou in situ

Comme son nom l’indique, c’est un cancer dont les cellules cancéreuses sont restées localisées uniquement à l'intérieur de la glande mammaire, dans les canaux ou les lobules. Le tissu voisin n'est pas touché. On parle alors de cancer non-invasif ou in situ.

95% des cancers du sein se développent à partir des cellules des canaux ou des lobules, on les appelle des adénocarcinomes.

Ce cancer peut être guéri par un traitement purement local : une chirurgie qui pourra être complétée ou non par une radiothérapie.

Cancer non-invasif dans les canaux

Si les cellules cancéreuses sont dans les canaux de lactation du sein, on parle de cancer intra-canalaire ou carcinome canalaire in situ (CCIS).

Dans la majorité des cas, il est non-palpable. On le diagnostique beaucoup plus fréquemment par le biais d’une mammographie de dépistage.

Cancer non-invasif dans les lobules

Si les cellules cancéreuses sont dans les lobules, on parle de cancer intra-lobulaire ou carcinome lobulaire in situ (CLIS). Ces cancers sont bien souvent découverts par hasard. Ils sont plus fréquents avant la ménopause et lorsqu'une telle anomalie apparaît dans un sein, il est fréquent qu'elle existe dans l'autre sein.

Cancer du sein invasif ou infiltrant

Quand les cellules cancéreuses traversent la membrane entourant les canaux des lobules ou envahit les tissus mammaires autour des canaux, on parle de cancer invasif. Attention, le fait que le cancer soit invasif ne signifie pas qu’il forme des métastases, mais qu’il envahit les tissus autour des canaux et des lobules.

Le cancer invasif est plus souvent palpable que le cancer in situ et a la possibilité de se propager aux ganglions de l'aisselle.

Dans la plupart des cas, le cancer invasif est guérissable si on le détecte tôt.

Symptômes

Le dépistage précoce du cancer du sein permet de détecter la maladie avant l’apparition des premiers symptômes.

Toutefois, les symptômes les plus répandus du cancer du sein sont les suivants :

  • une petite grosseur indolore au niveau du sein ou de l’aisselle,
  • une modification de la forme ou de la taille de votre sein,
  • un écoulement, surtout sanglant, par le mamelon,
  • une rétractation du mamelon,
  • un changement de l’aspect de la peau du sein ou de l’aréole.

Si vous ou votre partenaire constatez l’un de ces symptômes, nous vous conseillons de consulter votre médecin ou votre gynécologue le plus rapidement possible. Inutile d’attendre : plus la détection du cancer du sein est rapide, plus les chances de guérison augmentent.

Causes

Mêmes si les causes exactes à l’origine d’un cancer du sein ne sont actuellement pas connues, des études ont mis en évidence certains facteurs de risque qui favorisent son développement.

L’âge et le sexe

L’âge et le sexe sont 2 facteurs de risque importants.

Le cancer du sein ne concerne presqu’exclusivement que les femmes. Peu d’hommes ont cette pathologie : 1 homme pour 100 femmes est atteint du cancer du sein.

De plus, le risque d’avoir un cancer du sein augmente avec l’âge. C’est pourquoi les programmes de dépistage s’adressent aux femmes de 50 ans et plus.

Autres facteurs de risque

D’autres facteurs de risque sont également à l’origine de cancers du sein.

  • Les facteurs hormonaux : le risque augmente si la femme a eu ses premières règles avant l’âge de 12 ans, si la ménopause est après 50 ans, si la femme n’a pas eu de grossesse ou une grossesse tardive (après 35 ans), ainsi qu’en cas d’absence d’allaitement.
  • Les facteurs liés aux antécédents familiaux : le risque augmente si une parente du premier degré (mère et/ou soeur) a déjà eu un cancer du sein. Il est important de le signaler à votre médecin traitant.
  • La densité mammaire : plus le sein est dense à la mammographie, plus le risque est élevé.
  • Les antécédents personnels : si vous avez eu un cancer du sein, vous avez plus de risque de développer un autre cancer du sein.
  • Les facteurs liés aux mauvaises habitudes de viepeuvent favoriser l’apparition de cancers  comme :
    • le tabagisme,
    • une consommation excessive d’alcool, de sucre et de graisse d’origine animale,
    • l’inactivité physique ou la sédentarité,
    • le surpoids et l’obésité.

Toutefois, une femme qui présente un ou plusieurs de ces facteurs de risque peut ne jamais développer un cancer du sein. Tout comme, il est possible qu’une femme n’ayant aucune de ces caractéristiques soit atteinte d’un cancer du sein.

Conseils

Lutter contre le cancer, c’est aussi agir sur certains facteurs qui risquent de causer un cancer. S’il nous est impossible de changer nos facteurs familiaux, génétiques ou hormonaux, nous pouvons agir sur nos habitudes de vie.

Voici quelques conseils faciles qui nous protègent contre des risques inutiles.

Manger sainement

Des études scientifiques montrent que les femmes souffrant de surpoids ou d’obésité ont plus de risques de développer un cancer du sein, surtout après la ménopause.

Pour manger sainement, il suffit d’avoir une alimentation variée et équilibrée : privilégier les fruits, les légumes et les céréales aux aliments gras et sucrés.

Pratiquer régulièrement une activité physique

Avoir une activité physique suffisante réduit les risques de développer un cancer. Des études scientifiques montrent que 3 heures d’effort modéré par semaine (marche à pied, vélo, natation,…) font nettement baisser le risque de cancer du sein. Cette protection augmente avec le temps et l’intensité de l’activité physique.

Éviter ou consommer avec modération

L’alcool comme le tabac sont toujours cités comme les principaux facteurs qui risquent de causer un cancer. C’est ainsi qu’on ne répètera jamais assez que boire avec modération et éviter de fumer sont des réflexes de vie essentiels pour préserver notre santé.

Auto-palpation

C’est souvent la femme qui détecte par palpation une anomalie au niveau du sein comme une grosseur, un écoulement par le mamelon, un changement de la taille et de la forme du sein ou encore un changement de l’aspect de la peau et de l’aréole.

Cette détection par palpation des seins peut se faire également dans le cadre d’un examen de routine chez votre gynécologue.

La palpation ne permet en aucun cas d’affirmer le diagnostic d’un cancer du sein. Suite à la détection d’une anomalie par palpation, des examens complémentaires comme une mammographie, une échographie ou encore une biopsie sont nécessaires pour déterminer l’origine de cette anomalie.

Programme mammographie

Le programme mammographie est un programme national de dépistage précoce du cancer du sein au Luxembourg. Il s’adresse à toutes les femmes de 50 à 69 ans et leur recommande de réaliser tous les 2 ans une mammographie gratuite pour dépister le cancer du sein. Ce programme national s’installe dans le cadre du programme mammographie européen.

Ce programme mammographie a pour objectifs:

  • de dépister des petits cancers du sein en dessous de 10 millimètres,
  • de diminuer le nombre de biopsies mammaires réalisées pour des lésions bénignes,
  • d'augmenter le nombre de cas où le sein est conservé,
  • d'améliorer la qualité du dépistage et du suivi médical des femmes pour lesquelles une procédure diagnostique a été recommandée,
  • de réduire la mortalité par cancer du sein.

Ces objectifs ne peuvent être atteints que si la majorité des femmes participe à ce programme national.

Déroulement du dépistage

Invitation

Tous les 2 ans, une invitation vous est envoyée automatiquement.

Où prendre rendez-vous ?

Vous pouvez prendre rendez-vous pour une mammographie dans un des centres radiologiques agréés de votre choix, de préférence 3-4 semaines avant votre rendez-vous annuel chez votre gynécologue ou votre médecin traitant.

Les coordonnées de ces centres se trouvent au verso de votre invitation et dans la rubrique « Aides utiles ».

Quels documents emmener lors du rendez-vous ?

  • La fiche mammographique, qui comporte un petit questionnaire à remplir et sur lequel il faut préciser le nom du médecin traitant à qui le résultat de l’examen sera adressé.
  • Le bon pour assurer la gratuité de l’examen et vous dispense de toute avance de frais.

Il est très important d’emmener les anciennes radiographies des seins pour suivre l’évolution du tissu mammaire et de certaines images, surtout des microcalcifications.

Comment se déroule le dépistage ?

Tout d’abord, vous remplissez une fiche mammographique, qui est un petit questionnaire, Ensuite, vous effectuez un examen radiologique.

Le radiologue réalise 4 clichés : 2 de chaque sein, 1 oblique et 1 de face.

Pour la réalisation de l’examen, chaque sein est maintenu entre deux plaques pendant quelques secondes pour la prise du cliché radiologique. Ceci nécessite la compression du sein afin de l’étaler, permettre une meilleure analyse du tissu mammaire et éviter les fausses images.

Que se passe-t-il après l’examen radiologique ?

Une fois l’examen effectué, il est soumis au radiologue de la clinique choisie pour une 1ère lecture.

Les clichés sont ensuite adressés au radiologue-sénologue du Centre Coordinateur qui est responsable de ce qu’on appelle la 2ème lecture. Il interprète les images sans connaître l’avis du 1er lecteur.

Votre mammographie est lue successivement par 2 radiologues de façon indépendante.

Le radiologue ne peut donc pas vous donner le résultat, puisqu’il faut attendre la 2ème lecture pour connaître l’interprétation définitive de votre mammographie.

S’il y a discordance entre les avis: les 2 radiologues se rencontrent, affichent les clichés et discutent ensemble de ce qu’il y a lieu de faire. Ils décident éventuellement de revoir la patiente pour un complément d’examen. C’est la 3ème lecture.

Une attention toute particulière est portée à l’interprétation de l’examen réalisé, et ce, au bénéfice de la patiente.

En cas de résultat normal, le médecin reçoit uniquement une copie des résultats sans les clichés.

Si une image doit faire l’objet d’examens complémentaires, une lettre avec les rapports des lectures et les clichés est envoyée par courrier recommandé au médecin traitant.

Examens

Pour détecter un cancer du sein, on a recours dans un premier temps aux examens suivants: une mammographie ou une échographie du sein.

Si le résultat de ces examens détecte un nodule ou autre anomalie (microcalcifications, modification de l’architecture du sein,…), un prélèvement sera effectué au niveau de la grosseur. Il s’agit d’une biopsie. Un pathologiste analysera au microscope les cellules prélevées afin d’analyser si elles sont cancéreuses ou pas.

Mammographie

La mammographie est une radiographie des seins. Elle permet de détecter les petites anomalies du sein qui ne sont pas encore palpables.

Lors de cet examen, chaque sein est comprimé entre deux plaques, ce qui peut être inconfortable voire douloureux. Mais l’examen est de courte durée. Il est conseillé de prévoir la mammographie pendant la première moitié du cycle menstruel chez la femme avant la ménopause. Durant cette période, les seins sont moins sensibles.

Echographie

Si la mammographie révèle une anomalie, le premier examen complémentaire sera souvent une échographie des seins.

Une échographie est un examen indolore qui utilise des ultrasons pour former une image du sein.

Cet examen est souvent recommandé chez les jeunes femmes. Comme leurs tissus glandulaires sont denses, une mammographie permettra moins bien de visualiser une anomalie.

Biopsie

Si une anomalie est détectée lors de la mammographie et confirmée par l’échographie, une biopsie sera proposée. Une anesthésie locale sera effectuée et ensuite un prélèvement de la lésion suspecte sera fait à l’aide d’une aiguille.

En fonction que la lésion soit visible à l’échographie ou à la mammographie, le prélèvement se déroulera sous guidage échographique ou mammographique.

Le prélèvement sera envoyé et analysé au Laboratoire National de Santé (LNS). Le médecin traitant recevra les résultats plus ou moins une semaine après le prélèvement.

Les résultats de la biopsie indiqueront s’il s’agit d’un cancer ou pas et détermineront le type.

En fonction des résultats et des examens cliniques, d’autres examens complémentaires, appelés « examens de bilan », seront peut-être proposés comme :

  • une analyse sanguine,
  • un scanner,
  • un IRM,
  • une scintigraphie osseuse.

Traitements

Si la tumeur détectée est maligne, un traitement doit être effectué.

Les traitements du cancer du sein consistent à :

  • enlever la tumeur,
  • supprimer toutes les cellules cancéreuses,
  • réduire le risque de récidive,
  • augmenter la durée de vie de la femme.

Toutes les femmes atteintes d’un cancer du sein n’ont pas le même traitement. Différents traitements existent. En fonction du type de cancer, ils sont effectués seuls ou combinés:

  • la chirurgie,
  • la radiothérapie,
  • la chimiothérapie,
  • l’hormonothérapie,
  • les anticorps monoclonaux.

Certains traitements agissent localement sur les seins et les ganglions comme la radiothérapie et la chirurgie qui visent à détruire et éliminer les cellules cancéreuses.

Quant à la chimiothérapie, l’hormonothérapie et les traitements ciblés (anticorps monoclonaux), ce sont des traitements qui agissent sur le reste du corps pour contrôler les cellules du cancer du sein.

Réunion de concertation pluridisciplinaire

Le choix du traitement résultera de plusieurs facteurs. Chaque cancer est unique et nécessite un traitement individualisé.

Une équipe pluridisciplinaire se concertera. Lors de cette réunion de concertation, chaque cas sera analysé en détail afin de proposer à la patiente un traitement adapté à sa situation.

Cette équipe est composée de différents professionnels de la santé, tous spécialisés dans le cancer du sein. Il s’agit le plus souvent d’un gynécologue-chirurgien qui retire la tumeur, un radiothérapeute qui administre les rayons, un oncologue qui administre la chimiothérapie, mais également un chirurgien plasticien qui reconstruit le sein, d’infirmier(e)s spécialisé(e)s, d’un pathologiste qui analyse la tumeur au microscope,…

Facteurs qui déterminent les choix des traitements

Le choix et l’ordre des traitements du cancer du sein sont définis en fonction des facteurs suivants :

  • le type de cancer,
  • son stade d’évolution,
  • la localisation et la taille de la tumeur,
  • les effets secondaires des traitements,
  • l’état de santé de la patiente (ses antécédents médicaux, son âge,…) et son avis.

Chirurgie

La chirurgie est la première étape du traitement d’un cancer du sein. Il vise à enlever totalement la tumeur et examiner si les ganglions ont été atteints par les cellules cancéreuses.

De la chirurgie conservatrice à l’ablation totale

Deux types de chirurgie sont pratiqués en fonction de la taille de la tumeur et du volume du sein.

Si la tumeur est unique et de petite taille, le chirurgien peut retirer la totalité de la tumeur sans enlever tout le sein. On parle alors de chirurgie conservatrice ou de tumorectomie.  Le mamelon et l'aréole sont conservés.

Si la  tumeur est trop grosse ou si le cancer est multifocal (plusieurs sites dans le sein), le cancer est invasif ou qu’il s’agit d’une récidive, une ablation totale du sein sera nécessaire. Il s'agit d'une mastectomie totale. La glande mammaire doit être retirée dans son intégralité, y compris l'aréole et le mamelon.

Seules 3 opérations du cancer du sein sur 10 sont des mastectomies totales.

Ablation des ganglions axillaires

Quand la tumeur est invasive, elle peut rester localisée dans le sein ou se propager dans d'autres parties du corps par le biais des vaisseaux sanguins et lymphatiques.

Les ganglions axillaires, ceux qui se trouvent sous le bras au niveau de l’aisselle, sont les premiers touchés quand les cellules cancéreuses se répandent via les vaisseaux lymphatiques.

De ce fait, on prélève les ganglions pour vérifier s’ils sont atteints ou pas par les cellules cancéreuses. Ensuite, on les analyse et évalue un pronostic afin d’obtenir des informations importantes la suite du traitement comme la chimiothérapie, radiothérapie et les thérapies ciblées (anticorps monoclonaux).

Si le risque d’atteinte des ganglions est faible (petite tumeur, ganglion non palpé en dessous du bras, …),  le chirurgien ne retire que les ganglions proches de la tumeur. On parle de prélèvement des ganglions sentinelles.

Si les ganglions axillaires sont enlevés en grand nombre, on parle de curage ganglionnaire.

Effets secondaires de la chirurgie

Les effets secondaires de la chirurgie les plus fréquents sont des complications liées à l’ablation des ganglions axillaires et des séquelles esthétiques.

Comme l’ablation des ganglions axillaires en grand nombre peut interrompre la circulation de la lymphe, cette perturbation peut engendrer un lymphoedème. Il s’agit d’un gonflement du bras et/ou de la main du côté opéré. Cela peut être douloureux et gênant.

Pour traiter l’oedème, des séances de drainage lymphatiques chez le kinésithérapeute sont recommandées.

Chirurgie reconstructrice : la reconstruction mammaire

Après l’ablation du sein, la reconstruction mammaire est souvent le moyen pour une femme opérée de retrouver son identité abîmée.

Cette reconstruction est réalisée après la fin du traitement (généralement un an après le traitement) ou immédiatement après l’ablation du sein. On parle alors de la reconstruction immédiate.

Deux grandes techniques de reconstruction mammaire existent. Soit on pose une prothèse externe remplie de gel de silicone sous la peau ou sous le muscle pectoral, soit on reconstruit le sein à partir de tissu (peau et muscles) provenant du dos, du ventre ou plus rarement des fesses de la patiente.

L'aréole et le mamelon, eux, sont reconstruits après cette première reconstruction par tatouage ou greffe.

La chirurgie reconstructrice est prise en charge à 100 % par l'assurance maladie.

Radiothérapie

La radiothérapie est un traitement local. Il utilise les rayons X pour détruire  les cellules cancéreuses qui restent dans le sein ou l’aisselle après une chirurgie. Elle vise à réduire les risques de récidive locale.

La radiothérapie est utilisée généralement après la chirurgie et avant d’entreprendre une reconstruction du sein. Elle a pour but de diminuer la taille de la tumeur afin de proposer à la patiente une chirurgie conservatrice.

Elle s’étale sur une période de 5 semaines avec une administration quotidienne très brève (du lundi au vendredi). Ce qui fait un total de 25 séances.

La radiothérapie est indolore et ne provoque pas la chute des cheveux.

Effets secondaires de la radiothérapie

Les effets secondaires de la radiothérapie varient d’une personne à l’autre. Le plus fréquent est une rougeur de la peau accompagnée d’irritation. Une fatigue passagère peut également se faire ressentir.

Le plus grand risque est de développer un lymphoedème (gonflement du bras et/ou de la main)  lorsque les rayons X ciblent également  l’aisselle. Cela peut être douloureux et gênant.

Pour traiter l’oedème, des séances de drainage lymphatiques chez le kinésithérapeute sont recommandées.

Chimiothérapie

La chimiothérapie est en général un traitement qui complète un traitement chirurgical. On parle de chimiothérapie adjuvante.

Dans certains cas, la chimiothérapie sera réalisée avant la chirurgie pour diminuer la taille de la tumeur et envisager une chirurgie conservatrice. On parle alors de chimiothérapie néoadjuvante.

Pour agir sur le cancer, la chimiothérapie utilise des médicaments dits anticancéreux. Ces médicaments agissent sur les cellules cancéreuses dans l’ensemble du corps, soit en les détruisant, soit en les empêchant de se multiplier.

Le choix des médicaments se fait sur base des résultats d’études scientifiques. Un protocole sera choisi et administré selon les recommandations internationales.

Le plus souvent, ces médicaments sont administrés par perfusion en hôpital de jour.

Les chimiothérapies sous forme de comprimés ne s’administrent actuellement que dans le cadre de maladies métastatiques et non pas en chimiothérapies adjuvantes.

La chimiothérapie se déroule en plusieurs cures successives. Elles sont interrompues par des périodes de repos.

L’administration d’une thérapie nécessite une surveillance sanguine régulière.

Effets secondaires de la chimiothérapie

Les effets secondaires sont nombreux. Certains sont passagers et disparaissent à la fin du traitement et d’autres persistent plus longtemps.

Les principaux effets à court terme sont :

  • la chute des cheveux,
  • les nausées,
  • les vomissements,
  • la diarrhée,
  • la constipation,
  • les aphtes dans la bouche,
  • une fatigue,
  • des douleurs,
  • des cycles irréguliers,…

Ces effets secondaires sont passagers et disparaissent après le traitement.

Quant aux effets à long terme, comme la ménopause précoce et l’infécondité, ils peuvent être de longue durée voire permanents.

Hormonothérapie

L’hormonothérapie est un traitement du cancer du sein qui agit dans l’ensemble du corps. Elle vise soit à réduire le taux d’hormones féminines circulantes soit à bloquer l’accès aux cellules cancéreuses (en inhibant les récepteurs hormonaux à leur surface).

Quand une femme est atteinte d’un cancer du sein, ses hormones féminines peuvent devenir un accélérateur de cellules cancéreuses.

Les hormones les plus importantes dans le cas du cancer du sein sont les oestrogènes et la progestérone. Ce sont des hormones sexuelles féminines utiles pour le développement des organes génitaux, des seins, les règles,…

Ces hormones féminines passent dans le sang et viennent se fixer sur les récepteurs hormonaux des cellules cancéreuses. Quand une hormone féminine se lie à un récepteur, elle stimule la multiplication des cellules cancéreuses.

2 cancers sur 3 sont sensibles aux hormones. On parle de cancers hormonosensibles.

Seule une analyse microscopique de la tumeur pourra déterminer la présence ou non de récepteurs d’oestrogènes et de progestérone. La tumeur positive aux récepteurs hormonaux est dite hormonosensible. Seule les patientes ayant une tumeur hormonosensible recevront une hormonothérapie.

L’hormonothérapie est réalisée après la chirurgie et après la chimiothérapie. Il s’agit de comprimés à prendre quotidiennement pendant plusieurs années (5 ans le plus souvent).

Effets secondaires de l’hormonothérapie

Certains effets secondaires de l’hormonothérapie ressemblent aux symptômes de la ménopause : bouffées de chaleur, transpiration, perte vaginale, saute d’humeur,…

D’autres médicaments (dits « inhibiteurs de l’aromatase ») peuvent engendrer des douleurs articulaires et des crampes musculaires parfois invalidantes.

Anticorps monoclonaux

Les anticorps sont des protéines qui protègent l’organisme contre les infections et les cancers. Certains anticorps fabriqués en laboratoire, appelés anticorps monoclonaux, luttent contre la production de cellules cancéreuses.

Ce traitement est proposé aux femmes atteintes d’un cancer du sein dont la tumeur possède beaucoup de protéines HER2. HER2 est un facteur de croissance qui stimule la production de cellules cancéreuses.

Le cancer du sein infiltrant porteur de protéine Her2 représente environ 20% des cancers du sein.

Ce traitement est administré sous forme de perfusion avec et/ou après la chimiothérapie (qui demeure un élément essentiel du traitement dans ce cas de figure).

Effets secondaires des anticorps monoclonaux

La fièvre et des frissons peuvent apparaître pendant la perfusion.

Ce traitement peut également engendrer des troubles cardiaques. La patiente sera surveillée régulièrement afin de prévenir ces signes.

Annonce du diagnostic

L’annonce d’un cancer du sein se fait par étapes. Le plus souvent, une anomalie dépistée lors de la mammographie engendre une échographie puis une biopsie. La femme est alors au courant qu’une anomalie existe.

Toutefois, l’attente des résultats d’analyse du prélèvement par biopsie est longue.

Le médecin, qui a demandé l’examen, joue un rôle central dans le suivi avec la patiente. Il recevra les résultats d’analyse et il annoncera le diagnostic.

Si les résultats confirment un cancer, le médecin donnera des informations claires et adaptées sur la maladie et les traitements qui existent, leurs bénéfices et leurs effets secondaires.

Ensuite le médecin présentera la situation à d’autres professionnels de la santé, tous spécialisés dans le cancer du sein et impliqués dans le traitement qui sera proposé. Lors de cette réunion de concertation pluridisciplinaire, les différents professionnels de la santé discuteront de ce cas spécifique afin d’élaborer un projet de traitement adapté et efficace.

Après cette réunion de concertation, le médecin verra une seconde fois la patiente pour lui présenter le projet de traitement proposé par ce groupe pluridisciplinaire, ses objectifs, ses risques et ses effets secondaires.  Ensuite, avec la patiente, le médecin élaborera un calendrier des traitements.

Accompagnement

Depuis l'annonce de la maladie, et tout au long du parcours thérapeutique les femmes ont souvent besoin d'être accompagnées.

Une équipe infirmière hospitalière offrira des moments d’écoute et d’information à la patiente et ses proches. Ce sont des moments où toutes les questions pourront être posées et toutes les craintes et les angoisses pourront être abordées en toute confiance.

Si l’état de la femme le nécessite, un soutien psychologique pourra être apporté. D’autres professionnels pourront également intervenir comme une assistante sociale, une diététicienne, une coiffeuse,…

En fonction du type de traitement proposé, certains domaines seront plus spécifiquement abordés : la perte des cheveux après la chimiothérapie, la reconstruction mammaire après chirurgie, la sexualité, l’image de soi,…

Après le traitement

Après le traitement du cancer du sein, un suivi médical régulier et systématique est proposé à la femme.

Il vise à surveiller une réapparition de cellules cancéreuses au même endroit ou dans d’autres régions du corps. On parle alors de récidive de la maladie.

Selon le type de cancer et sa gravité au moment du diagnostic, le risque de récidive est variable.

La surveillance consiste à voir régulièrement son médecin. Votre médecin décidera de la fréquence des visites. Toutefois, une consultation par an est conseillée pour toutes les femmes ayant eu un cancer du sein.

Chez les femmes ayant eu une chirurgie conservatrice (une opération qui ne retire que la tumeur), une mammographie par an est recommandée.

Aides utiles

Médecins généralistes et gynécologues

Si vous détectez une anomalie au niveau du sein comme une grosseur, un écoulement par le mamelon, un changement de la taille et de la forme du sein ou encore un changement de l’aspect de la peau et de l’aréole, contactez votre médecin traitant ou votre gynécologue.

Un examen de routine une fois par an chez votre gynécologue est également conseillé.

Hôpitaux participant au programme de dépistage du cancer du sein

CENTRE HOSPITALIER DE LUXEMBOURG
Groupe Sein

4, rue Barblé
L-1210 Luxembourg
Luxembourg

Tél. : (+352) 4411-6312
Tél. : (+352) 4411-2084

CENTRE HOSPITALIER EMILE MAYRISCH

Site Esch/Alzette
Rue Emile Mayrisch
L-4240 Esch-sur-Alzette
Luxembourg
Tél. : (+352) 5711-1
Tél. : (+352) 5711-65159

CENTRE HOSPITALIER DU NORD

Hôpital St Louis d'Ettelbrück
Centre Hospitalier du Nord
120, avenue Lucien Salentiny
L-9080 Ettelbrück
Luxembourg
Tél. : (+352) 8166-1
Tél. : (+352) 8166-3045

HÔPITAUX ROBERT SCHUMAN

Hôpital Kirchberg
9, rue Edward Steichen
L-2540 Luxembourg
Luxembourg
Tél. : (+352) 2468-1
Tél. : (+352) 2468-2009

ZithaKlinik S.A.
36, rue Ste Zithe
L-2763 Luxembourg
Luxembourg
Tél. : (+352) 49776-1
Tél. : (+352) 49776-5900

Direction de la Santé

Programme Mammographie

Allée Marconi - Villa Louvigny - 3e étage
L-2120 - Luxembourg
Luxembourg
Tél. : (+352) 247-85563
Fax : (+352) 46 75 26
info@mammographie.public.lu

Associations de patients

Europa Donna Luxembourg asbl
co BP 818
L-2018 Luxembourg
Luxembourg

Tél. : (+352) 26 56 13 23
Fax : (+352) 46 75 26
contact@europadonna.lu
www.europadonna.lu

Fondation Cancer

209, route d'Arlon
L-1150 Luxembourg
Luxembourg

Tél. : (+352) 45 30 331 (répondeur en dehors des heures de bureau)
Fax : (+352) 45 30 33 33
fondation@cancer.lu
www.cancer.lu

Sources

Ce dossier a été validé par :
  • Dr DUHEM Caroline, Médecin spécialiste en médecine interne, Groupe Sein, Service d'hématologie-cancérologie, Centre Hospitalier de Luxembourg
  • Dernière modification le 19-07-2016