Dyspnée

Définition

La dyspnée est défini comme un inconfort respiratoire pouvant avoir des causes pulmonaires, cardiaques ou générales. Elle est un motif fréquent de consultation. Aiguë ou chronique, son traitement dépend de la cause.

Dans les cas graves ou d'insuffisance respiratoire chronique, une aide respiratoire par administration d'oxygène est nécessaire.

Causes

La dyspnée a de multiples causes, qu'on peut globalement classer en trois groupes.

Les causes pulmonaires avec les maladies "obstructives" (difficulté du passage de l'air dans les bronches), dont font partie l'asthme, la bronchite chronique, l'emphysème et les corps étrangers, et les maladies "restrictives" (l'air circule normalement mais le poumon fonctionne moins bien), dont font partie la fibrose pulmonaire, l'ablation d'un poumon et la faiblesse musculaire dans certaines maladies neurologiques comme la myopathie.

Les causes cardiaques
Une insuffisance cardiaque ou un obstacle a l'écoulement du sang du poumon vers le coeur provoquent un "engorgement" pulmonaire. En effet, après oxygénation dans le poumon, le sang est envoyé vers le coeur pour y être distribué dans tout l'organisme. Si la pompe cardiaque fonctionne mal ou s'il existe un obstacle entre le poumon et le coeur, le sang s'accumule dans le poumon, lequel se retrouve gêné dans sa fonction respiratoire. C'est ce qu'on appelle l'oedème pulmonaire. Font partie de se groupe l'insuffisance cardiaque, le rétrécissement mitral et aortique.

Les causes générales, attribuées à la composition du sang (acidose) ou à son taux en globules rouges (anémie).

Conseils pratiques

Une dyspnée se traduit par une sensation d'inconfort respiratoire, mais il existe souvent l'équivalent d'une dyspnée dans les crises d'angoisse, sans qu'il y ait de problème pulmonaire ou cardiaque. Si cette impression s'arrête avec l'angoisse, il ne s'agit probablement pas d'une vraie dyspnée et un avis médical vous rassurera sur ce point.

Quand consulter

Le symptôme subjectif de dyspnée est évidemment inquiétant lorsqu'il est aigu (difficulté respiratoire brutale). Il peut l'être également lorsqu'il est modéré mais qu'il se répète (par exemple difficulté à monter un escalier) ou qu'il survient en dehors d'un effort physique (par exemple l'asthme allergique). Il faut aussi connaître les signes de gravité d'une dyspnée: cyanose (aspect bleuté des lèvres et des doigts), sueurs, ralentissement du rythme cardiaque ou au contraire accélération, somnolence, troubles du comportement, respiration rapide et superficielle, tirage des muscles du thorax.

Examen

Les examens cités ne sont pas tous effectués systématiquement. Ils dépendent de la gravité de la dyspnée et de l'orientation vers une cause particulière.
Outre l'examen clinique du médecin et une éventuelle mesure du débit respiratoire à l'aide d'un petit appareil simple et sommaire, une radio du thorax est réalisée à la recherche d'une cause pulmonaire.

Les gaz sanguins sont analysés afin de déterminer les taux d'oxygène et de gaz carbonique (par ponction à l'aiguille d'une petite artère du poignet).
Les explorations fonctionnelles respiratoires permettent d'évaluer avec précision les débits de l'air lors du passage dans les bronches, ainsi que la capacité respiratoire (mesurée en litres). Cet examen, nécessitant un appareil particulier et volumineux, se pratique dans des centres spécialisés, certaines cliniques et hôpitaux.

Lorsqu'un cause cardiaque est suspectée, une échographie du coeur permet de mesurer l'état de la pompe cardiaque et de rechercher un éventuel obstacle à l'écoulement du sang.
Une simple prise de sang peut diagnostiquer une anémie.

Traitement

Un faut traiter la cause (par exemple l'asthme avec du salbutamol, un oedème pulmonaire avec des diurétiques, ou encore une désobstruction des voies aériennes bloquées par un corps étrangers, un arrêt du tabagisme, etc.), mais également le manque d'oxygénation du sang. Ainsi, l'administration d'oxygène au masque peut être provisoire (par exemple dans les cas d'urgence) ou encore permanente à domicile comme en cas d'insuffisance respiratoire chronique.

Si la personne en état de dyspnée n'est pas capable d'assurer elles-même une bonne oxygénation (par faiblesse musculaire par exemple), une machine peut fournir une aide, par voie externe ou interne (canule de trachéotomie).

Source

  • Auteur : Dr Renaud Guichard
  • Source : Maladies respiratoires : www.splf.org ; maladies cardiaques : www.besancon-cardio.net.
  • Dernière modification le 19-10-2015