Chikungunya

Définition

Maladie à transmission vectorielle

Le chikungunya est une maladie virale transmise à l’homme par des moustiques infectés.

Le chikungunya est une maladie à transmission vectorielle. Ce qui signifie une maladie transmise par des vecteurs.

Les vecteurs sont des petits organismes vivants (tels que les moustiques, les tiques, les punaises, phlébotomes ou gastéropodes d’eau douce) qui peuvent transmettre des micro-organismes pathogènes d’une personne ou d’un animal infecté à une autre personne ou animal. Cela peut engendrer de graves maladies dans les populations humaines.

Le fait que des sites de reproduction des moustiques se trouvent à proximité d'habitations constitue un sérieux facteur de risque.

Depuis 2004, le chikungunya sévit de façon épidémique, entraînant une morbidité et des souffrances considérables.

La maladie se manifeste en Afrique, en Asie et dans le sous-continent indien. Ces dernières années, les moustiques vecteurs du chikungunya ont atteint l'Europe et les Amériques. En 2007, la transmission de la maladie a été enregistrée pour la première fois en Europe, lors d'une flambée localisée au nord-est de l'Italie

Signes et symptômes

Le chikungunya se caractérise par l'apparition brutale de fièvre souvent accompagnée d'arthralgie. Les autres signes et symptômes communs sont notamment des myalgies, des céphalées, des nausées, de la fatigue et une éruption cutanée. L'arthralgie est souvent invalidante, mais elle disparaît généralement au bout de quelques jours ou de quelques semaines. La plupart des patients se rétablissent complètement, mais dans certains cas l'arthralgie peut persister pendant plusieurs mois ou même plusieurs années.

On a signalé des cas occasionnels de complications oculaires, neurologiques et cardiaques, ainsi que des douleurs gastro-intestinales. Les complications graves, du type encéphalite, ne sont pas fréquentes, mais chez les personnes âgées la maladie peut contribuer à la cause du décès. Les symptômes sont souvent légers chez les personnes infectées et l'infection peut passer inaperçue ou faire l'objet d'un diagnostic erroné dans les zones où sévit la dengue.

Transmission

Le chikungunya a été identifié dans une quarantaine de pays d’Asie, d’Afrique, d’Europe, mais aussi des Amériques.

Le virus est transmis d'un être humain à l'autre par les piqûres de moustiques femelles infectées. Les moustiques incriminés sont le plus souvent Aedes aegypti et Aedes albopictus, deux espèces qui peuvent également transmettre d'autres virus, notamment la dengue. Ces moustiques sont susceptibles de piquer pendant la journée, bien que leur activité maximale se situe surtout tôt le matin et en fin d'après-midi. Les deux espèces piquent à l'extérieur, mais Ae. aegypti le fait aussi volontiers à l'intérieur des bâtiments.

La maladie se manifeste généralement entre quatre et huit jours après la piqûre par un moustique infecté, mais la fourchette peut aller de deux à douze jours.

Diagnostic

Plusieurs méthodes de diagnostic peuvent être mises en œuvre. Des tests sérologiques, tels que les tests immunoenzymatiques simples (ELISA), peuvent permettre de confirmer la présence d'anticorps anti-chikungunya IgM et IgG. Les niveaux d'anticorps IgM sont les plus élevés trois à cinq semaines après l'apparition de la maladie et persistent pendant environ deux mois. Le virus peut être isolé dans le sang au cours des premiers jours de l'infection.

Diverses techniques d'amplification génique transcriptase-inverse (RT-PCR) sont disponibles mais leur sensibilité est variable. Certaines conviennent au diagnostic clinique. Les produits de RT–PCR provenant d'échantillons cliniques peuvent aussi être utilisés pour le typage génique du virus, ce qui permet des comparaisons avec des échantillons de virus de différentes sources géographiques. Les échantillons recueillis au cours de la première semaine suivant l’apparition des symptômes doivent être analysés au moyen de techniques tant sérologiques que virologiques (RT-PCR).

Traitement

Il n'existe pas de médicament spécifique qui permette de guérir la maladie. Le traitement a essentiellement pour but d'atténuer les symptômes, notamment l'arthralgie, au moyen d’antipyrétiques, d’analgésiques et d’un apport optimal de liquides.

Prévention et lutte

La présence de sites de reproduction du moustique vecteur à proximité des lieux d'habitations constitue un sérieux facteur de risque de chikungunya ainsi que d'autres maladies transmises par ces espèces. La prévention et la lutte reposent dans une grande mesure sur la réduction du nombre de récipients naturels et artificiels contenant de l'eau qui favorisent la reproduction des moustiques. Cela passe par la mobilisation des communautés affectées. Lors de flambées épidémiques, on peut pulvériser des insecticides pour tuer les moustiques, en les appliquant sur les surfaces à l'intérieur et autour des récipients où les moustiques se posent, et en traitant l'eau contenue dans ces récipients afin de tuer les larves.

Pour se protéger lors de flambées épidémiques de chikungunya, on recommande de porter des vêtements couvrant le corps au maximum, et d'appliquer un répulsif sur les parties exposées ou sur les vêtements, conformément aux instructions qui accompagnent le produit. Les répulsifs doivent contenir du DEET (N, N-diéthyl-3-méthylbenzamide), de l'IR3535 (esther éthylique de l'acide 3-[N-acétyl-N-butyl]-aminopropionique) ou de l'icaridine (1-piperidinecarboxylic acid, 2-(2-hydroxyethyl)-- 1-méthylpropylester). Pour ceux qui dorment pendant la journée, en particulier les jeunes enfants ou les personnes malades ou âgées, les moustiquaires imprégnés d'insecticide assurent une bonne protection. Les spirales anti-moustiques ou d'autres vaporisateurs d'insecticides peuvent aussi réduire les piqûres à l'intérieur des bâtiments.

Les personnes voyageant dans des zones à risque doivent prendre des précautions élémentaires, à savoir : utiliser des répulsifs, porter des vêtements à manches longues et des pantalons, et vérifier que les pièces sont équipées de moustiquaires qui empêchent les moustiques d’y pénétrer.

Flambées épidémiques

Le chikungunya est présent en Afrique, en Asie et dans le sous-continent indien. Les infections humaines en Afrique sont restées à des niveaux assez bas pendant un certain nombre d'années, mais en 1999-2000 une flambée importante s'est produite en République démocratique du Congo et en 2007 une flambée s'est déclarée au Gabon.

À partir de février 2005, une importante flambée de chikungunya s'est produite dans les îles de l'Océan indien. Un grand nombre de cas importés en Europe ont été imputés à cette flambée, pour la plupart en 2006 quand l'épidémie de l'Océan indien était à son comble. Une flambée importante de chikungunya est survenue en Inde en 2006 et en 2007. Plusieurs autres pays de l'Asie du Sud-est ont également été affectés.

Depuis 2005, l’Inde, l’Indonésie, les Maldives, le Myanmar et la Thaïlande ont signalé 1,9 million de cas. En 2007, la transmission de la maladie a été signalée pour la première fois en Europe, lors d’une flambée localisée dans le nord-est de l’Italie, au cours de laquelle 197 cas ont été enregistrés, et qui a confirmé que des flambées dues au moustique Ae. Albopictus pouvaient très bien se produire en Europe.

Actuellement ce moustique a franchi le Gotland  et se retrouve déjà sur le côté des Alpes Nord. Une propagation vers les autres pays de l’Europe va probablement se faire dans les prochaines années.

Source

Cette fiche a été validée par :

  • Dr STEIL Simone, Médecin-chef de division, Division de la médecine préventive et sociale, Direction de la Santé.
  • Dernière modification le 19-10-2015