Encéphalite à tiques centre-européenne

Définition

Maladie à transmission vectorielle

L’encéphalite à tiques centre-européenne  est causée par un Flavivirus, dont il existe trois sous-types, et peut provoquer  une inflammation au niveau des méninges et du cerveau. Le virus est transmis par la piqûre de tiques infectées.

L’encéphalite à tiques centre-européenne est une maladie à transmission vectorielle. Ce qui signifie une maladie transmise par des vecteurs.

Les vecteurs sont des petits organismes vivants (tels que les moustiques, les tiques, les punaises, phlébotomes ou gastéropodes d’eau douce) qui peuvent transmettre des micro-organismes pathogènes d’une personne ou d’un animal infecté à une autre personne ou animal. Cela peut engendrer de graves maladies dans les populations humaines.

Transmission et géographie 

La maladie est transmise par la piqûre de tiques infectées. Les territoires endémiques actuellement connus se situent principalement en Europe centrale et du Nord : la Pologne, la Lituanie, l’Estonie, la Lettonie, la République Tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Croatie, la Hongrie, l’Autriche (région viennoise, Kärnten, Steiermark), la Suisse (essentiellement le Nord-Est de la Suisse, la région zurichoise, Berne-régions des lacs, région de Landquart), le Sud de l’Allemagne (Bavière, Baden-Würtemberg, Forêt Noire), l’Est de la France (forêt de Neuhof, vallée de Guebviller, vallée de Munster), le Sud de la Suède. On rapporte une augmentation de fréquence en Suisse, en Finlande, en Pologne, dans les Etats Baltes, alors que l’incidence a fortement chuté en Autriche.

Aucun cas de FSME transmise sur le territoire du Luxembourg n’a encore été signalé.

Les tiques passent l’hiver dans les feuillages, les écorces des arbres, et les couches superficielles du sol. Dès que la température monte, elles deviennent actives. Après des hivers doux et pendant des printemps humides et chauds elles sont beaucoup plus nombreuses.

Elles se raréfient en altitude. Le risque d’être piqué par une tique diminue dès 400 m et est quasi nul au-dessus de 1000 m d’altitude.

On observe un pic de survenue de la maladie en début d’été (mai-juin) et en automne (septembre-octobre).

En territoire endémique on risque d’être piqué par une tique infectée en se promenant dans les hautes herbes, les broussailles basses et le feuillage au sol : les chiens, chats et autres animaux domestiques peuvent être infectés de la même manière.

Les comportements à risque comprennent : les activités professionnelles et de loisirs en plein air dans les régions endémiques, le camping (scouts), les promenades dans les bois.

Un promeneur qui ne quitte pas les chemins ne court pratiquement pas de risque.

Symptômes

La première phase de la maladie débute à peu près sept jours après la piqûre et consiste en un syndrôme grippal (fièvre, douleurs articulaires).

Lors de la deuxième phase de la maladie, une forte température, des maux de tête avec raideur de nuque et des signes neurologiques pouvant aller jusqu’à la perte de connaissance ou le coma peuvent survenir.

Chez plus de 80% des personnes piquées par une tique infectée, l’infection reste inapparente.

Dans moins de 20% des cas, un syndrôme grippal apparaît entre 4 et 14 jours après la piqûre, et chez un tiers de ces cas des signes plus graves liées à l’atteinte cérébrale, comme forte fièvre, céphalées et raideur de nuque, ainsi que des signes neurologiques locaux, peuvent survenir.

Le risque de séquelles durables d’origine nerveuse est estimé entre 1/50000 et 1/100000. 

Traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique.

Prévention

La prévention repose sur la protection contre les piqûres de tiques et sur la vaccination : La vaccination est recommandée chez tous les adultes et les enfants de plus de six ans qui séjournent durant la saison des tiques (début d’été et automne) dans les forêts des territoires endémiques pour des activités de loisirs ou professionnelles (Principalement l’Europe centrale et du Nord).

Que faire pour éviter une piqûre de tique infectée ?

  • Eviter les endroits infestés par les tiques.
  • Réduire l’exposition par le port de vêtements aux couleurs peu voyantes, couvrant bras et jambes.
  • Rentrer le bas du pantalon dans les chaussettes et appliquer éventuellement des crèmes, sprays ou lotions anti-tiques (sur la peau et les vêtements).
  • En cas de travail prolongé dans des zones infectées, examiner le corps toutes les trois à quatre heures, à la recherche d’éventuelles tiques, qui peuvent être très petites.
  • En cas de découverte d’une tique sur la peau, l’enlever le plus rapidement possible. Désinfecter avec les moyens de désinfection locale classique.

Vaccin

L’encéphalite à tiques peut être évitée grâce à une vaccination. Deux injections à un mois d’intervalle sont nécessaires, suivies d’un rappel un an plus tard, puis tous les cinq ans. Le moment idéal pour la vaccination est l’hiver afin d’atteindre une protection efficace au début de la période des tiques. Des effets secondaires du vaccin, pouvant apparaître dans 5 - 10 % des cas, consistent essentiellement en fièvre, maux de tête, fatigue, très rarement des effets secondaires neurologiques graves ont été signalés. La vaccination n’est recommandée qu’aux adultes et enfants à partir de six ans ayant des activités à haut risque et séjournant pendant les périodes à risque (mai - juin, septembre - octobre) dans une région où le virus responsable se rencontre fréquemment. La vaccination est particulièrement recommandée aux personnes ayant des activités rurales de loisirs (camping, randonnées pédestres, cueillette, jogging ou VTT), tels que les scouts p.ex., mais également aux ouvriers en forêt, gardes forestiers et chasseurs.

Source

Cette fiche a été validée par :

  • Dr STEIL Simone, Médecin-chef de division, Division de la médecine préventive et sociale, Direction de la Santé.
  • Dernière modification le 19-10-2015