Filariose lymphatique

Définition

Maladie à transmission vectorielle

La filariose lymphatique est transmise par différents types de moustiques. La filariose lymphatique, communément appelée éléphantiasis, est une maladie tropicale négligée. L’infection se produit lorsque les parasites filaires responsables de la maladie sont transmis à l’homme par des moustiques. Lorsqu’un moustique porteur des larves ayant atteint le stade infectant pique une personne, les parasites pénètrent dans la peau à la suite de cette piqûre. Les larves migrent alors vers les vaisseaux lymphatiques où elles se développent pour devenir des vers adultes qui formeront des «nids» dans le système lymphatique humain.

La filariose lymphatique peut provoquer une altération du système lymphatique et une hypertrophie de certaines parties du corps, à l’origine de douleurs et de graves incapacités.

Le lymphœdème chronique s’accompagne souvent d’inflammations aiguës localisées de la peau, des ganglions lymphatiques et des vaisseaux lymphatiques.

La filariose lymphatique est une maladie à transmission vectorielle. Ce qui signifie une maladie transmise par des vecteurs.

Les vecteurs sont des petits organismes vivants (tels que les moustiques, les tiques, les punaises, phlébotomes ou gastéropodes d’eau douce) qui peuvent transmettre des micro-organismes pathogènes d’une personne ou d’un animal infecté à une autre personne ou animal. Cela peut engendrer de graves maladies dans les populations humaines.

La maladie

La filariose lymphatique, communément appelée éléphantiasis, est une maladie tropicale négligée. L’infection se produit lorsque les parasites filaires responsables de la maladie sont transmis à l’homme par des moustiques. Lorsqu’un moustique porteur des larves ayant atteint le stade infectant pique une personne, les parasites pénètrent dans la peau à la suite de cette piqûre. Les larves migrent alors vers les vaisseaux lymphatiques où elles se développent pour devenir des vers adultes qui formeront des «nids» dans le système lymphatique humain.

Bien que l’infestation soit généralement acquise dans l’enfance, les manifestations visibles, douloureuses et gravement défigurantes de la maladie n’apparaissent que plus tard dans la vie. Les épisodes aigus de la maladie causent des incapacités temporaires, mais la filariose lymphatique finit par conduire à une incapacité permanente.

Actuellement, plus de 1,4 milliard de personnes dans 73 pays sont menacées par la maladie. Approximativement 65% des personnes infectées vivent dans la Région OMS de l’Asie du Sud-Est, 30% dans la Région africaine de l'OMS et le reste dans d’autres zones tropicales.

Plus de 25 millions d’hommes sont atteints de lésions génitales dues à la filariose lymphatique, et plus de 15 millions de personnes souffrent de lymphœdèmes. Étant donné que la prévalence et l’intensité de l’infection sont liées à la pauvreté, son élimination peut contribuer à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies.

Cause et transmission

La filariose lymphatique est due à une infection par des nématodes (vers ronds) de la famille des Filaridés. Ces vers filaires qui ressemblent à des fils, sont de trois types:

  • Wuchereria bancrofti, qui est responsable de 90% des cas;
  • Brugia malayi, qui est à l’origine de la plupart des cas restants;
  • B. timori, qui provoque aussi la maladie dans certains cas.

Les vers adultes logent dans le système lymphatique et perturbent le système immunitaire. Ils ont une longévité de six à huit ans et, au cours de leur vie, produisent des millions de microfilaires (petites larves) qui circulent dans le sang.

La filariose lymphatique est transmise par différents types de moustiques, dont ceux du genre Culex, largement répandus dans les zones urbaines et semi-urbaines; les Anopheles, essentiellement présents dans les zones rurales, et le genre Aedes que l’on trouve principalement dans les îles d’endémie du Pacifique.

Symptômes

La filariose lymphatique peut prendre des formes asymptomatiques, aiguës ou chroniques. La majorité des infections sont asymptomatiques, sans signes extérieurs d’infection. Cependant, ces infections asymptomatiques causent des dommages au système lymphatique et des lésions rénales, et altèrent le système immunitaire de l’organisme.

Le lymphœdème chronique ou éléphantiasis s’accompagne souvent d’inflammations aiguës localisées de la peau, des ganglions et des vaisseaux lymphatiques, parfois dues à la réponse immunitaire de l’organisme au parasite. Toutefois, elles résultent la plupart du temps d’infections bactériennes de la peau, là où les défenses normales ont partiellement disparu sous l’effet de lésions lymphatiques sous jacentes.

Lorsque la filariose lymphatique devient chronique, elle conduit au lymphœdème (gonflement des tissus) ou à l’éléphantiasis (épaississement de la peau/des tissus) des membres, et à l’hydrocèle (accumulation de liquide). Les seins et les organes génitaux sont fréquemment atteints.

Ces difformités corporelles conduisent à une stigmatisation sociale, ainsi qu’à de graves difficultés financières dues à la perte de revenu et à des dépenses médicales élevées. Le fardeau socio économique associé à l’isolement et à la pauvreté est énorme.

Traitement et prévention

Le schéma thérapeutique recommandé moyennant la distribution massive de médicaments consiste en une dose unique de deux médicaments associés – l’albendazole (400 mg), plus, soit l’ivermectine (150-200 mcg/kg) dans les zones où l’onchocercose (cécité des rivières) est également endémique, soit le citrate de diéthylcarbamazine (DEC) (6 mg/kg) dans les zones où l’onchocercose n’est pas endémique. Ces médicaments éliminent les microfilaires présents dans le sang.

Il est conseillé aux patients atteints d’incapacités chroniques, telles que l’éléphantiasis, le lymphœdème ou l’hydrocèle, de veiller à une hygiène rigoureuse et de prendre les précautions nécessaires pour prévenir une infection secondaire et une aggravation de la maladie.

La lutte contre les moustiques est un autre moyen qui peut être utilisé pour supprimer la transmission. L’utilisation de moustiquaires imprégnés d’insecticide, ou la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations sont des mesures qui peuvent contribuer à protéger de l’infection les populations des régions d’endémie.

Source

Cette fiche a été validée par :

  • Dr STEIL Simone, Médecin-chef de division, Division de la médecine préventive et sociale, Direction de la Santé.
  • Dernière modification le 19-10-2015