Toxoplasmose

Définition

La toxoplasmose est une maladie parasitaire, le plus souvent bénigne. Elle peut cependant avoir des conséquences graves chez la femme enceinte car elle provoque des malformations du foetus. Elle est également redoutée chez la personne immunodéprimée (en cas de SIDA notamment), car elle peut toucher le cerveau. Son dépistage et sa prévention sont donc systématiques dans ce contexte.

Symptômes

Ganglions dans le cou, éruption cutanée, fatigue et fièvre peu élevée.

En réalité, la toxoplasmose passe le plus souvent inaperçue, sans signe clinique.

Causes

Un protozoaire (parasite) appelé Toxoplasma gondii

Il se trouve habituellement dans l'intestin des chats, et d'autres animaux. Les oeufs de toxoplasmose sont éliminés par les selles. L'homme se contamine par contact avec le chat, en touchant des produits souillés ou en mangeant de la viande insuffisamment cuite ou mal congelée provenant d'animaux contaminés. Le foetus se contamine par le placenta (toxoplasmose congénitale).

Conseils pratiques

Respecter des règles hygiéno-diététiques pour toute femme enceinte non immunisée:

  • se laver les mains avant et après les repas, après avoir manipulé de la viande crue ou de la terre;
  • ne manger que de la viande bien cuite;
  • éviter le lait cru et les oeufs crus;
  • laver soigneusement les fruits et les légumes;
  • jardiner ou changer la litière du chat avec des gants;
  • éviter le contact avec les chats;
  • ne pas leur donner de viande crue.

Quand consulter

  • Ganglions dans le cou, éruption cutanée, fatigue et fièvre peu élevée. En réalité, la toxoplasmose passe le plus souvent inaperçue, sans signe clinique.
  • Dépistage systématique en début de grossesse.
  • Infection à VIH (virus du SIDA): dépistage systématique de la toxoplasmose en raison du risque d'abcès cérébraux et d'atteintes neurologiques.
  • Troubles mentaux, crises d'épilepsie, maux de tête, lésions neurologiques à type de déficits moteurs ou sensitifs, paralysies des nerfs crâniens, mouvements anormaux, aphasie (altération du langage) peuvent être les signes d'une encéphalite chez les sujets immunodéprimés présentant une toxoplasmose.
  • Baisse de l'acuité visuelle. L'atteinte oculaire est une manifestation de la toxoplasmose congénitale. Le parasite localisé dans la rétine reste latent pendant des années sous forme d'un kyste et peut se réactiver en provoquant une chorio-rétinite (inflammation de la choroïde et de la rétine).

Examen

Dans la mesure où dans la majorité des cas, la maladie est silencieuse (aucun symptôme), ce sont les examens biologiques qui vont permettre d'affirmer la contamination.
Le dépistage de la toxoplasmose par un examen sérologique est une obligation légale dans le cadre d'un certificat prénuptial ou d'une déclaration de grossesse. Le test de base consiste à doser les anticorps IgG et IgM. Cependant, cet examen est peu spécifique car plus de 60% des Français en possèdent.

En pratique, c'est chez la femme enceinte qu'il importe de pouvoir affirmer avec certitude une infection récente, en raison des risques qu'elle fait courir au foetus.
Un test est effectué lors de la première visite prénatale. S'il est positif, cela signifie que la femme a déjà été contaminée par la toxoplasmose et il faut alors déterminer si la contamination est récente ou ancienne (dosage des anticorps IgM et IgG). Une contamination ancienne est le témoin d'une immunité acquise : la future maman ne risque pas d'être contaminée lors de sa grossesse et de transmettre la maladie à son bébé. A l'inverse, une infection récente est susceptible de menacer le foetus. S'il est négatif, cela signifie que la femme n'a jamais été contaminée par la toxoplasmose, et qu'elle peut l'être pendant sa grossesse et donc contaminer son enfant. Elle devra donc renouveler l'examen tous les mois pour surveiller l'éventuelle apparition de la maladie, et pouvoir entreprendre le traitement rapidement.

Aujourd'hui, le diagnostic anténatal de toxoplasmose repose sur la biologie foetale, l'échographie et la PCR. Le prélèvement de sang foetal dans le cordon (à partir de la 20e semaine de grossesse) sert à rechercher la présence d'IgM foetales (anticorps qui témoignent du contact avec le parasite). Il faut cependant signaler qu'elles ne sont retrouvées que dans 25% des cas.
L'échographie sert à guider le prélèvement de liquide amniotique (amniocentèse) et la ponction de sang foetal, et à rechercher des malformations foetales (cerveau, foie).
La PCR (Polymerase Chain Reaction) permet de rechercher la présence de toxoplasme dans le liquide amniotique par biologie moléculaire. Ces examens permettent d'évaluer le pronostic foetal en fonction de la date de l'infection et de proposer une prise en charge maternofoetale adaptée.

Traitement

Dans la forme bénigne de la maladie, on ne traite pas la toxoplasmose pour favoriser l'immunisation. A l'inverse, le traitement est impératif chez la femme enceinte, le nouveau-né, la personne immunodéprimée ou en cas de toxoplasmose oculaire.
Au cours de la grossesse, une interruption thérapeutique de grossesse peut être proposée lorsque la contamination a eu lieu en début de grossesse en raison du risque important de malformations foetales graves. Après la 16e semaine d'aménorrhée, ce risque diminue et un traitement (pyriméthamine sulfadiazine / spiramycine) est institué sous surveillance échographique régulière. A la naissance, l'enfant est également traité si le diagnostic de toxoplasmose congénitale est confirmé.
Dans le cas d'une toxoplasmose oculaire, un traitement antibiotique est prescrit afin d'obtenir une cicatrisation des lésions, ce qui n'empêche pas toujours la survenue d'une atteinte visuelle plus ou moins sévère. Il faut donc souligner l'importance de la prévention de la toxoplasmose chez la femme enceinte.

Source

  • Auteur : Dr Sylvie Coulomb
  • Source : Symposium européen sur la prévention et le traitement de la toxoplasmose congénitale. Paris, 10 et 11 octobre 2002. Abstract Pédiatrie n° 165 du 01/12/2002. Infections virales et toxoplasmoses maternofoetales – Prise en charge clinico-biologique. L. Grangeot-Keros, F. Audibert. Elsevier, coll. Medibio. Obstétrique. J. Lansac, C. Berger, G. Magnin. Masson 2000.
  • Dernière modification le 19-10-2015