Lombalgies

Définition

La lombalgie ou "mal de dos" n'est pas une maladie, mais un symptôme. Il s'agit d'une douleur de la région lombaire, aiguë si elle dure moins d'un mois et chronique au-delà de trois mois. Très fréquente, pratiquement tout le monde souffre de lombalgie à un moment de sa vie. Heureusement, dans de nombreux cas, l'évolution est bénigne.

Le dos ou rachis est constitué d'un empilement de vertèbres, dont 12 dorsales et 5 lombaires. Elles sont maintenues entre elles par des ligaments et des muscles puissants s'y insèrent, permettant la mobilité du rachis. Entre chaque vertèbre, se trouve un disque de cartilage fibreux qui sert d'amortisseur. Des paquets de nerfs sortent par les trous situés entre les vertèbres.

Causes

Les mauvaises postures, positions assises défectueuses.

Un lumbago. Il s'agit d'une lombalgie aiguë qui apparaît souvent après un effort de soulèvement de poids.

Une arthrose vertébrale. Elle entraîne une lombalgie chronique, évoluant par poussées entrecoupées de périodes de rémissions plus ou moins longues.

Une hernie discale. Elle correspond à une saillie du disque intervertébral venant écraser le nerf entre la 4e et la 5e vertèbre lombaire, ou entre la 5e vertèbre lombaire et la 1ère vertèbre sacrée. La hernie discale est souvent responsable de sciatique.

Une hyperostose vertébrale ankylosante. Elle survient chez les personnes de plus de 60 ans et correspond à la présence d'ostéophytes (ou "becs de perroquet") qui sont des productions osseuses anormales. Souvent présents dans la région située entre les lombaires et le sacrum, ils peuvent également se voir au niveau d'autres articulations.

Des déformations de la colonne vertébrale chez l'enfant: scoliose, lordose, cyphose.

A côté de ces causes très communes, il en existe des plus rares.

Un syndrome du canal lombaire étroit. Il correspond à un rétrécissement du canal lombaire lié aux ostéophytes. Il entraîne une déformation s'exercant sur les nerfs à l'origine de la douleur.

Une spondylarthrite ankylosante. Elle entraîne des lombalgies tenaces chez des sujets jeunes. Elle se caractérise par une colonne vertébrale rigide, manquant de souplesse et des contractions musculaires. La colonne vertébrale est déformée par une accentuation de la lordose lombaire ("creux du rein") et une cyphose dorsale aggravée (bosse dans le dos).

Une spondylite infectieuse. Les lombalgies sont secondaires à une infection (syphilis, tuberculose, fièvre typhoïde, brucellose).

Un spondylolisthésis. Il s'agit d'un glissement vers l'avant de la cinquième vertèbre lombaire par rapport au sacrum, d'origine traumatique ou congénitale.

Une ostéoporose vertébrale. Elle correspond à une déminéralisation osseuse et se voit plus souvent chez la femme après la ménopause.

Des tumeurs du rachis. Ce sont souvent des métastases d'un cancer du sein, du rein, de la prostate ou de la thyroïde.

Des lombalgies d'origine viscérale. Elles peuvent être d'origine urogénitale (calcul rénal, infection, tumeur ou inflammation de la prostate ou des reins) ou neurologique (compression de la moelle, syndrome de la queue de cheval).

Conseils pratiques

Perdre quelques kilos s'il existe une surcharge pondérale, car c'est un facteur de lombalgies.

Adopter une bonne position en voiture: éviter un siège trop éloigné du volant obligeant à conduire avec la pointe des pieds, coller au maximum le bas du dos contre le siège. S'arrêter toutes les heures afin de s'étirer et de relâcher les muscles.

Avoir une activité physique régulière, mais adaptée à ses capacités physiques. Le jogging, le cyclisme et la natation sont notamment recommandés.

Placer les objets encombrants et lourds à bonne hauteur de façon à ne pas avoir à se baisser.

Adapter le matériel à votre corps et non l'inverse: manche du balai ou de l'aspirateur, du râteau ou de la pelle.

Éviter de porter les charges d'un seul côté.

En cas d'utilisation d'un porte-bébé, soutenir son enfant avec ses bras. Dès que possible, le porter sur le dos.

En cas de station assise prolongée, essayer de se tenir droit sans raideur. Poser les pieds à plat. Coller ses fesses au fond du siège, et s'il n'en possède pas, placez sur le dossier un support lombaire (à défaut un coussin) au niveau des reins. Cesser régulièrement l'activité pendant quelques minutes afin d'étirer le dos.

Pour faire un lit, il est recommandé de s'agenouiller.

Éviter le port de chaussures à talons hauts pendant de longues périodes. La courbure de la région lombaire est alors fortement accentuée. Ceci déséquilibre les vertèbres lombaires et peut provoquer des lombalgies.

Quand consulter

Une douleur de la région lombaire:

  • faisant suite à un effort (soulèvement, torsion, etc.) en cas de lumbago;
  • chronique, aggravée par la fatigue, évoluant par poussées en cas d'arthrose vertébrale;
  • irradiant dans les jambes pendant la marche, faiblesse des jambes.

Un canal lombaire étroit:

  • douleurs violentes, empêchant tout mouvement ou sciatalgies (douleurs secondaires à une irritation du nerf sciatique) en cas d'hernie discale;
  • douleurs lombaires tenaces chez un sujet jeune avec rigidité de la colonne vertébrale en cas de spondylarthrite ankylosante.

Examen

L'interrogatoire va permettre de préciser les circonstances de survenue de la douleur, son intensité et sa localisation, afin d'en trouver l'origine. Il est ainsi important de différencier la douleur de type inflammatoire (qui s'aggrave au repos et s'améliore par l'activité) de celle liée à un problème mécanique (s'aggravant à l'activité, à la toux, soulagée par le repos).

Il est par ailleurs nécessaire de préciser le contexte professionnel et le retentissement de la douleur sur les gestes de la vie quotidienne. L'examen clinique recherche une raideur de la colonne vertébrale, une contracture ou une douleur provoquée.

En matière d'examens complémentaires, les radiographies du rachis lombaire ne sont actuellement plus recommandées dans les sept premières semaines d'évolution. Il a d'ailleurs été constaté que les anomalies radiologiques du rachis lombaires sont courantes chez les personnes ne se plaignant d'aucune douleur et, à l'inverse, faiblement corrélées aux symptômes ou à l'examen clinique. Les seules indications de la radiographie dans les lombalgies sont une évolution défavorable ou un traitement par infiltration ou par manipulation. Dans le cadre d'un bilan avant traitement chirurgical ou dans des cas bien spécifiques (ostéoporose, canal lombaire étroit, métastases), une IRM ou un scanner peuvent être pratiqués.

Traitement

Le temps du repos au lit en cas de lombalgie est révolu. Aujourd'hui, les spécialistes ne le recommandent que si l'intensité des douleurs l'exige. Dans tous les cas, il devra être le plus court possible et il est vivement conseillé de reprendre au plus vite ses activités quotidiennes et professionnelles, dans la limite autorisée par la douleur. De nombreuses études ont montré qu'en cas de lombalgies chroniques, un arrêt prolongé de l'activité réduit les chances d'un retour à la vie normale.

Les médicaments visent à soulager la douleur (antalgiques): paracétamol, anti-inflammatoire non stéroïdiens, myorelaxants (ou décontracturants musculaires). Des antalgiques plus puissants sont réservés aux situations d'échec.

Dans la lombalgie chronique, des infiltrations de corticoïdes peuvent soulager la douleur, mais elles ne sont jamais pratiquées d'emblée. La kinésithérapie peut être utile en cas de douleurs chroniques.

L'intervention chirurgicale n'est envisagée que lorsqu'il existe une irritation des nerfs par une compression ou une tumeur du rachis.

Source

  • Auteur : Dr Sylvie coulomb
  • Source : Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombosciatiques communes de moins de trois mois d'évolution. Recommandations de l'ANAES, février 2000. Les lombalgies chroniques. Dossier FMC. Le Généraliste N° 2227, 29 novembre 2002. Bien soigner le mal de dos. B. Duplan, M. Marty. Ed. Odile Jacob, janvier 2002. Soulager le mal de dos. J.Y. Maigne. Masson, coll. Consulter/Prescrire, 2001.
  • Dernière modification le 19-10-2015