Accident vasculaire cérébral

Définition

L’accident vasculaire cérébral (AVC), encore appelé «attaque cérébrale», «Schlaganfall» en allemand ou «stroke» en anglais, est une pathologie grave, qui peut toucher les individus de tout âge.

Sa gravité est liée aux séquelles lourdes qu’elle peut entraîner.

L’accident vasculaire cérébral (AVC) est un déficit neurologique qui apparaît brutalement et est dû à un arrêt de la circulation du sang dans le cerveau (ischémie) ou à une hémorragie cérébrale.

La zone du cerveau touchée n’est plus irriguée par le sang et de ce fait les cellules du cerveau (appelées neurones) ne reçoivent plus d’oxygène et de glucose, ce qui entraîne rapidement leur mort.

La mort des cellules cérébrales engendre des troubles neurologiques, qui diffèrent selon l’endroit du cerveau touché.

Types

AVC ischémique

L’AVC ischémique est le plus courant. Il est dû à l’occlusion d’une artère du cerveau par un caillot ou une plaque d’athérome détachée de la paroi d’un vaisseau. Toute la zone du cerveau desservie par cette artère bouchée n’est plus irriguée.

On parle de :

  • thrombose cérébrale lorsqu’une plaque de lipides (athérosclérose) se forme sur la paroi d’une artère du cerveau et grossit au point de la bloquer complètement. Privés d’oxygène et des éléments nutritifs essentiels à leurs fonctions, les neurones qui étaient irrigués par cette artère finissent par mourir.
  • embolie cérébrale lorsqu’une une artère cérébrale est bloquée. Cependant, le caillot bouchant l’artère a été formé ailleurs dans le corps, puis transporté par la circulation sanguine. Il provient souvent du coeur ou d’une artère carotide (dans le cou).

AVC hémorragique

L’AVC hémorragique est lié à la rupture d’un vaisseau du cerveau, qui empêche le sang de circuler dans une région du cerveau. Si l’hémorragie est intense, dans les cas de rupture d’anévrysme par exemple, l’issue est souvent mortelle.

Un AVC d’origine ischémique peut être dit « transitoire » (AIT) : les signes régressent rapidement dans les 48h.

Un AVC peut récidiver. Environ 30 % des personnes ayant eu un AVC en feront un autre, c’est pourquoi la prévention des facteurs de risque est essentielle dès le premier AVC.

Reconnaître les signes

L’accident vasculaire cérébral (AVC) est une urgence vitale. Il est fondamental de reconnaître les premiers signes d’alerte pour agir dans les plus brefs délais. Les signes et symptômes d’un AVC varient selon la zone du cerveau touchée.

Symptômes

Lorsqu’une personne va bien et que brutalement ces symptômes apparaissent, cela peut être un AVC. Il n’est pas nécessaire d’avoir tous ces signes pour avoir un AVC. Chacun de ces signes constitue un signe d’alerte.

Lors de l’apparition d’un ou plusieurs des symptômes de l’AVC: appelez immédiatement le 112.

Les symptômes les plus fréquents d’un AVC sont :

  • Paralysie d’un ou plusieurs membres
    La personne ne peut plus bouger soudainement une partie de son corps. Toutes les parties du corps peuvent être touchées : le bras, la main et/ou la jambe. Très fréquemment, les membres du même côté sont atteints en même temps. C’est ce qu’on appelle une hémiplégie. Au visage, l’apparition d’une déviation subite de la bouche est aussi un signe d’accident vasculaire cérébral.
  • Parole
    La personne présente soudainement des troubles du langage. Il peut s’agir d'une gêne pour articuler, d’une difficulté à trouver les mots adéquats, ou encore la personne s’exprime en utilisant des mots inintelligibles,… A ces troubles d’élocution peut également être associée une difficulté de compréhension du langage.
  • Sensibilité
    Une perte de la sensibilité soudaine peut être également ressentie. La personne ressent des engourdissements ou des picotements dans une partie du corps.
  • Vision
    La personne présente soudainement un trouble visuel. Elle perd brusquement la vision d'un oeil (cécité unilatérale) ou plus rarement des deux. Elle peut également voir les choses en double : on voit deux fois le même objet au lieu d'un seul.
  • Troubles de la conscience
    La personne présente soudainement une confusion ou perd connaissance.

D'autres symptômes peuvent également survenir comme :

  • Équilibre
    Apparition soudaine d’une perte de l'équilibre ou de la coordination des mouvements des membres.
  • Mal de tête
    Apparition brutale, inhabituelle et très intense d’un mal de tête.

Test pour repérer les signes probables d’un AVC

Pour vous aider à repérer les signes d’un probable AVC, vous pouvez utiliser le test suivant :

  • demander à la personne de vous sourire et regarder si un côté de son visage tombe ;
  • demander à la personne de relever les bras et regarder si un des bras reste en bas ;
  • demander à la personne de relever les jambes et regarder si une des jambes ne peut pas se soulever correctement ;
  • demander à la personne de répéter une phrase de votre choix et écouter si elle peut la répéter normalement ;
  • écouter si son discours est incohérent.

Si la personne présente un de ces signes, elle peut être victime d’un AVC. Il est donc urgent d’appeler immédiatement le 112.

Causes

Facteurs aggravants le risque d'AVC

  • L’hypertension, soit l’augmentation de la tension artérielle, est le premier facteur de risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). Lorsque la pression exercée par le sang dans les artères est élevée, celles-ci se fragilisent peu à peu, et de petits vaisseaux peuvent éclater.
  • L’athérosclérose, c’est-à-dire la formation de plaques de lipides sur la paroi des artères, est aussi un facteur de risque : elle peut causer l’obstruction d’une artère du cerveau.
  • L’hypercholestérolémie, taux de cholestérol anormalement élevé dans le sang, constitue aussi un facteur de risque d’AVC, de même que le diabète.
  • Certaines malformations cardiaques peuvent provoquer des embolies (envoi de caillots dans les artères) vers les artères du cerveau et provoquer un AVC.
  • Le tabagisme, l’excès d’alcool, l’obésité, la sédentarité augmentent le risque de faire un AVC.
  • Avoir déjà un AVC augmente le risque d’en faire un second. De même des antécédents d’AVC dans sa famille prédisposent à un risque plus élevé d’AVC.

Sequelles possibles

A l’exception des accidents ischémiques transitoires (AIT), pour lesquels aucune séquelle ne subsiste de manière générale, un accident vasculaire cérébral (AVC) engendre des séquelles pouvant générer un handicap et une dépendance plus ou moins lourde.

Les séquelles sont le plus souvent :

  • des séquelles physiques avec une paralysie d’un ou plusieurs membres engendrant des problèmes de locomotion ;
  • des troubles de la parole, de la diction ;
  • des troubles de la vue persistants ;
  • une dépendance dans les actes essentiels de la vie (pour se nourrir, se laver, uriner,…) ;
  • une perte de l’estime de soi pouvant entraîner une dépression ;
  • une altération des interactions familiales et sociales ;
  • une incapacité le plus souvent à reprendre le travail ;
  • une diminution globale de la qualité de vie.

Plus la prise en charge est rapide après les premiers signes d’alerte et selon les recommandations internationales, plus les chances de réduire le handicap résiduel sont grandes.

Prise en charge immédiate

Appel du 112

Dès les premiers signes d’alerte, il faut appeler immédiatement le 112 et fournir des informations très précises sur la situation comme:

  • paralysie brutale,
  • trouble de la parole brutal,
  • perte de conscience brutale,
  • etc…

Orientation vers une « stroke unit »

Une « stroke unit » ou unité cérébrovasculaire est une unité hospitalière neurologique spécialisée dans la prise en charge immédiate des accidents vasculaires cérébraux, possédant une équipe de professionnels spécifiquement formés.

Le 112 oriente la personne vers l’hôpital disposant d’une « stroke unit » :

  • le Centre Hospitalier du Nord (Ettelbruck) dans la région Nord,
  • le Centre Hospitalier Emile Mayrisch dans la région Sud,
  • le Centre Hospitalier de Luxembourg dans la région Centre.

Examens

Examens complémentaires dès l’arrivée à l’hôpital

Dès l’arrivée à l’hôpital, un examen neurologique complet par un médecin spécialisé en neurologie est réalisé.

Puis des examens complémentaires vont être prescrits en urgence pour confirmer le diagnostic et selon les conclusions, décider du traitement.

Un scanner cérébral permet de connaître la zone cérébrale touchée, et de déterminer s’il s’agit d’un accident vasculaire ischémique ou hémorragique. Cet examen doit toujours être réalisé avant la mise en route du traitement. L’écho doppler des vaisseaux du cou et le cas échéant l’angioscanner permet de juger de la perméabilité ou de l’occlusion des artères cérébrales et pré-cérébrales.

Une IRM (Imagerie par Résonnance Magnétique) peut compléter le scanner pour déterminer l’étendue de la zone du cerveau touchée par l’AVC.

Un bilan cardiologique complet (ECG, échographies…) permet de rechercher une pathologie cardiaque associée à l’AVC, comme un infarctus du myocarde récent ou un trouble du rythme, comme une fibrillation auriculaire, pouvant être à l’origine de l’envoi d’un caillot dans les artères du cerveau.

Un bilan biologique complet permet d’identifier des facteurs de risque associés tels que le diabète ou la dyslipidémie (taux élevé de graisses dans le sang).

Traitements

Thrombolyse dans les 4,5 heures

Après identification de la zone du cerveau touchée, dans le cas d’un AVC ischémique, un traitement consistant à déboucher l’artère et donc à dissoudre le caillot qui la bouche doit être réalisé dans un délai maximal de 4,5 heures après les premiers signes. Ce traitement s’appelle « la thrombolyse ».

Il faut donc agir vite : chaque minute compte !

Plus vite l’artère sera débouchée, plus vite la revascularisation du territoire lésé reprendra, plus les lésions cérébrales seront limitées et plus les chances de récupérations seront grandes.

Surveillance intensive

Une personne venant d’avoir un AVC présente des risques certains pour sa vie. C’est pourquoi une surveillance intensive est mise en place, avec surveillance du fonctionnement cardiaque, de la tension artérielle, de la respiration, de la conscience, de la motricité,…

Ne soyez pas étonnés que votre parent soit surveillé intensivement par l’équipe de professionnels.

Traitement des facteurs de risque associés

Le médecin neurologue mettra en place, après la phase aigüe, les traitements nécessaires contre les facteurs de risque associés comme le diabète, la dyslipidémie et l’hypertension artérielle.

Le traitement médicamenteux consiste à réduire les risques de production de nouveaux caillots sanguins.

Rééducation très précoce

Un bilan complet des séquelles en matière de motricité doit être réalisé précocement. Puis un plan de rééducation précoce est établi impliquant le kinésithérapeute, l’ergothérapeute et un orthophoniste en cas de troubles de la parole ou de la déglutition.

Une rééducation spécifique des membres paralysés et l’entretien des muscles sont essentiels pour limiter le handicap résiduel après l’AVC.

La prise en charge précoce augmente les chances de récupération.

Soutien psychologique

Un soutien psychologique est souvent utile pour aider la personne à accepter sa situation et à s’impliquer dans les exercices de rééducation afin que la récupération soit maximale.

La personne doit être encouragée par l’équipe de professionnels. Elle doit se sentir soutenue.

Intégration précoce de la famille dans la prise en charge

Très tôt, il est essentiel d’intégrer la famille dans les soins afin qu’elle puisse intégrer les bons réflexes à adopter dans la prise en charge des déficiences physiques de son proche et apporter son réconfort moral à la personne atteinte d’un AVC. Toutefois, les proches auront aussi besoin du soutien des professionnels pour faire face à cette nouvelle situation de vie.

Suivi médical à long terme

Une personne ayant fait un AVC est prédisposée à une récidive. Le suivi médical à long terme est recommandé pour que les facteurs de risque puissent être sous contrôle.

Conseils

Les principaux facteurs qui risquent de provoquer un AVC sont modifiables si on adopte de bons comportements préventifs et des habitudes de vie saines.

Évitez l’hypertension

L’hypertension est le facteur de risque n°1 des AVC. Une pression artérielle élevée provoque des dégâts aux vaisseaux sanguins comme l’obturation ou la rupture.

La tension artérielle idéale est la plus basse possible avec laquelle la personne peut vivre normalement, sans ressentir de symptôme d’hypotension.

Conseils

  • Si vous avez 20 ans ou plus, faites contrôler votre pression artérielle au moins tous les deux ans.
  • Si vous êtes atteint d’une hypertension artérielle, suivez les conseils de votre médecin traitant pour contrôler votre tension plus fréquemment. Suivez le traitement médical prescrit.
  • Dans tous les cas, il faudra réduire vos apports en sel : le sel retient l’eau et augmente ainsi la pression du sang.

Évitez le diabète

Le diabète engendre une augmentation de la quantité de sucre dans le sang et abîme les artères. Il augmente considérablement le risque de subir un accident vasculaire cérébral.

Conseils

  • Si vous avez 20 ans ou plus, participez aux actions de dépistage du diabète organisées chaque année afin de vérifier votre taux de sucre dans le sang.
  • Si vous avez un surpoids, une obésité ou d’autres facteurs de risque, suivez les recommandations diététiques de votre médecin ou de votre nutritionniste.
  • Consommez modérément les sucreries qui sont des sucres rapides.

Évitez l’hypercholestérolémie

Un taux de graisses (lipides) anormalement élevé peut endommager les vaisseaux sanguins, car l’excès de graisses se dépose sur les parois artérielles et provoque de l’athérosclérose.

Conseils

  • Modérez les apports en graisse dans votre alimentation, notamment les graisses contenues dans les plats préparés.
  • Préférez les graisses végétales aux graisses animales.
  • Si vous prenez un contraceptif ou un traitement hormonal substitutif, suivez les conseils de votre médecin pour réaliser régulièrement un bilan de votre cholestérol.

Arrêtez le tabac

Fumer représente un risque majeur d’AVC. La cigarette contient de la nicotine, du goudron et d’autres substances nocives qui abîment les parois vasculaires.

Des études ont démontré que le risque de développer un AVC diminue de manière significative deux ans après l’arrêt tabagique.

Conseils

  • Ne fumez pas.
  • Calculez votre dépendance à la nicotine.
  • Si vous fumez, participez au programme de sevrage tabagique mis en place au Luxembourg.

Évitez le surpoids et l’obésité

Le surpoids ou l’obésité augmente le risque de développer un AVC. Le surpoids, associé à de mauvaises habitudes alimentaires, provoque le diabète, l’hypertension artérielle et une hyperlipidémie.

Conseils
  • Si vous avez un surpoids, réduisez l’apport en calories doucement et à long terme. Mangez néanmoins sain et équilibré.
  • Mangez au moins 3-5 fois par jour.
  • Optez pour un régime riche en fruits, légumes, céréales complètes, noix, grains, produits laitiers maigres, poissons et volaille, et pauvre en sucre.
  • Adoptez une alimentation pauvre en graisses animales (exception : les poissons comme le saumon, le maquereau et le hareng).
  • Choisissez des aliments contenant des graisses polyinsaturées (poissons susnommés, certaines margarines) et mono-insaturées (huile d’olive, de colza, etc.).
  • Calculez votre BMI

N’abusez pas de l’alcool

L’alcool bu sans modération augmente considérablement le risque d’AVC.

Conseils

  • Limitez votre apport journalier en alcool à un verre (=par exemple 0,1l de vin) par jour pour les femmes et respectivement deux verres par jour pour les hommes.

Évitez la sédentarité

Les personnes qui ont une activité physique modérée de 30 minutes par jour voient diminuer leur risque d’AVC. L’activité physique réduit la masse graisseuse corporelle, le taux de cholestérol et de sucre dans le sang. De plus, il tend à diminuer le stress et la tension artérielle.

Conseils

  • Utilisez le vélo ou marchez à pied dès que vous le pouvez.
  • 3000 pas par jour sont recommandés pour un adulte.
  • Prenez les escaliers et fuyez les ascenseurs.

Assurance dépendance

Lorsque la personne conserve un handicap après un AVC, elle peut bénéficier d’une prise en charge par l’Assurance Dépendance en fonction des répercussions de son handicap sur les actes essentiels de la vie.

Afin de pouvoir en bénéficier, une demande de prise en charge doit être faite par le médecin traitant ou le médecin rééducateur à la Cellule d’Évaluation et d’Orientation de l’Assurance Dépendance.

Suite à cette demande une évaluation de la dépendance sera réalisée et un plan de prise en charge sera déterminé en fonction des besoins.

Des prestations pourront être fournies à la personne dépendante si son état de dépendance le  nécessite. Ces prestations pourront être offertes dans le cadre d’un maintien à domicile, par un réseau d’aide et de soins.

Aides utiles

Centre Hospitalier de Luxembourg

4, rue Barblé
L-1210 Luxembourg
Tel.: (+352) 4411-11

Centre Hospitalier Emile Mayrisch

Site Esch/Alzette     
rue Emile Mayrisch    
L-4240 Esch-sur-Alzette     
Tel.: (+352) 5711-1

Centre Hospitalier du Nord Ettelbrück

Centre Hospitalier du Nord
120, avenue Lucien Salentiny
L-9080 Ettelbrück
Tel.: (+352) 8166-1

Société Luxembourgeoise de Neurologie

www.neurologie.lu

Blëtz a.s.b.l.

www.bletz.lu

Sources

Ce texte a été validé par le Dr Michel Kruger, médecin spécialiste en neurologie.

  • Dernière modification le 27-10-2017