Changement de personnalité

Définition

Une personne appréciée pour son caractère agréable et son sens de l'humour peut, à son insu, changer au fil des semaines et des mois, au point de devenir irritable, renfermée et silencieuse.

Ce changement peut être à ce point perceptible que son entourage ne la reconnaîtra plus et s'inquiétera.

Plusieurs problèmes sociaux, physiques ou psychologiques peuvent expliquer un tel changement de personnalité qui peut survenir à tout âge.

Causes

Drames personnels

Le décès d'un être cher, un divorce, des difficultés au travail, la perte d'un emploi ou d'une grosse somme d'argent, bref, les drames personnels constituent les causes les plus fréquentes de changement de personnalité. Si ces changements sont considérés comme normaux dans une certaine mesure, ils peuvent, néanmoins, s'ils ne sont pas résolus, mener à des troubles de santé mentale.

Troubles psychiatriques

La dépression majeure, les troubles d'adaptation (épuisement professionnel, par exemple), les attaques de panique, la schizophrénie et d'autres syndromes modifient la personnalité de façon importante.

Toxicomanie

L'alcoolisme et la consommation de drogues ont pour effet de perturber les informations reçues par le cerveau, donc de modifier la réalité. Par conséquent, la personne voit son humeur changer et n'est plus elle-même.

Troubles organiques

La sclérose en plaques, la maladie d'Alzheimer, les tumeurs cérébrales, les maladies hépatiques, les problèmes de thyroïde, l'arthrite et le lupus peuvent parfois être responsables des changements de personnalité. De fait, soit ils causent des dommages directs au cerveau (comme dans le cas de la maladie d'Alzheimer ou des tumeurs cérébrales, par exemple), soit ils en modifient la chimie complexe.

Conseils pratiques

Ne pas hésiter à consulter

Il est dangereux de croire qu'on peut s'en sortir seul et que les choses vont s'améliorer d'elles-mêmes. Ce n'est pas toujours le cas. Attendre pour consulter le médecin, c'est risquer de voir son état se détériorer davantage.

Se méfier des explications trop simples

"Si j'ai tant changé, c'est à cause de mon travail, ou de ma séparation, du deuil, etc". Même si vous croyez avoir bien identifié la cause de votre changement de comportement, consultez néanmoins votre médecin. Plusieurs éléments peuvent être responsables de votre changement de personnalité.

Écouter son entourage

Quand votre famille et vos amis remarquent des changements dans votre caractère et dans vos attitudes, écoutez-les plutôt que de vous sentir attaqué ou jugé. Posez-leur des questions: "Quels changements as-tu remarqués?" "Pourquoi dis-tu cela?" Vos proches vous aiment et vous veulent du bien; considérez ce qu'ils disent.

Se reposer ne suffit pas toujours

On croit, parfois à tort, que les tracas s'envoleront avec une semaine de vacances. Sachez que le repos ne règle que la fatigue. Il n'est pas bénéfique pour soulager les problèmes physiques ou psychologiques. Un repos qui n'est pas réparateur doit vous faire envisager une consultation médicale.

Éviter de mettre tous ses oeufs dans le même panier

Trop souvent, les gens investissent leurs énergies dans une seule et même sphère de leur vie, le travail par exemple, et négligent le reste. Alors, lorsque survient une perte d'emploi ou une rétrogradation, tout s'écroule.

Mener une vie équilibrée

Entre le travail, la famille, les loisirs et la vie sociale, il faut veiller à accorder la place qui revient à chaque sphère d'activité. Si les choses se dégradent dans un de ces secteurs de votre vie, il sera plus facile de l'assumer.

Surmonter les coups durs

Personne n'est à l'abri des épreuves (deuils, maladies, frustrations de toutes sortes). Il faut être capable d'y faire face et de les surmonter. Comment? En vous entourant d'amis sur qui vous pouvez compter, en consultant des groupes ou des organismes d'aide (par exemple, une association pour les parents endeuillés ou un regroupement d'entraide pour les personnes sans emploi). Votre éducation personnelle peut aussi vous servir. Ainsi, si votre conjoint ou vous-même souffrez d'une maladie grave, un maximum de renseignements sur la maladie vous permettra d'y voir plus clair et d'en accepter le dénouement.

Maintenir un réseau social diversifié

Choisissez vos amis dans différents milieux afin qu'ils n'appartiennent pas tous au même groupe. Ainsi, si tous vos amis sont aussi vos collègues, vous risquez de ne plus les voir en cas de changement ou de perte d'emploi. Évitez également de n'avoir que les amis de votre conjoint dans votre vie, pour ne pas vous retrouver complètement seul si vous vous séparez un jour.

Quand consulter

  • La situation ne change pas ou, pire, elle se détériore.
  • Vos proches remarquent que vous n'êtes plus la même personne.
  • Vous ne vous reconnaissez plus.
  • Malgré tout le repos possible, la situation ne s'améliore pas.
  • Vous avez des idées suicidaires.

Examen

Le médecin procède à un examen physique et vous propose un questionnaire complet pour tenter de situer le problème. Différents tests sont requis pour éliminer toute cause organique: formule sanguine, analyse d'urine, dosages des hormones thyroïdiennes, bilan hépatique, etc.

Il arrive parfois que les médecins doivent pousser plus loin leur investigation et prescrivent alors un scanner cérébral, par exemple.

Traitement

Drames personnels
Le soutien de la famille, d'amis ou d'un groupe d'entraide (pour deuil, maladie, perte d'emploi, séparation, etc) est souvent recommandé et suffit généralement à traverser cette période difficile. Toutefois, si la situation ne s'améliore pas et dégénère en troubles de santé mentale, la dépression majeure est la plus courante, une relation d'aide professionnelle peut être suggérée (avec un psychologue, un psychiatre ou un psychothérapeute), de même que la prescription d'anxiolytiques et/ou d'antidépresseurs.

Troubles psychiatriques
Les traitements médicaux comportent trois volets. La possibilité de prescription de médicaments anxiolytiques, antidépresseurs, antipsychotiques et régulateurs de l'humeur (comme le lithium) est le premier volet. Si un traitement médicamenteux est nécessaire, celui-ci est toujours accompagné d'une psychothérapie (il en existe différentes formes). Finalement, l'aspect social est aussi considéré: soutien pour la réhabilitation au travail, ateliers protégés pour les cas plus graves, soutien actif d'organismes pour le logement, les activités sociales, etc.

Toxicomanie
Une cure de désintoxication et de réhabilitation peut être envisagée.

Troubles organiques
Qu'il s'agisse de sclérose en plaques, de maladie d'Alzheimer, de tumeurs cérébrales, de maladies hépatiques, de problèmes de thyroïde, etc, le traitement médical nécessaire est immédiatement entrepris.

Source

  • Auteur : Dr Jocelyn Aubut, Psychiatre
  • Source : Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 2001
  • Dernière modification le 19-10-2015