Maladies psychosomatiques

Définition

Il s'agit de maladies ou de symptômes d'origine psychique (angoisse, stress, détresse morale, surmenage, ...) pouvant toucher de nombreux organes.

Souvent chroniques, les maladies psychomatiques gênent la vie quotidienne.

Causes

Problème psychique (angoisse, anxiété, surmenage, dépression)

Le stress modifie l'équilibre nerveux, immunitaire et hormonal de l'organisme, ce qui peut provoquer ou favoriser un grand nombre de pathologies.
Certaines hormones sécrétées par la glande hypophyse, située à la base du cerveau, seraient susceptibles d'accroître ou d'inhiber la capacité des cellules immunitaires à lutter contre la maladie.

Les catécholamines (notamment l'adrénaline ou hormone du stress), synthétisées par les glandes surrénales, ont pour rôle de préparer l'organisme à l'action. En cas de stress prolongé, le cortisol, également secrété par les glandes surrénales, mobilise les réserves d'énergie de l'organisme, mais ont également pour effet de diminuer la résistance aux infections. Cela expliquerait notamment les poussées d'herpès naso-labial, qui surviennent plus particulièrement chez les personnes stressées.

Par ailleurs, les catécholamines participent à l'augmentation des facteurs de risques cardiaques qui accroît le risque d'infarctus du myocarde et d'hypertension artérielle.
Chez d'autres sujets, le stress déclenche des réactions de l'appareil digestif: la personne est alors plus sujette au risque d'ulcère de l'estomac ou de colite spasmodique.

La peau est en relation étroite avec le psychisme. Les problèmes de peau comme le psoriasis, l'eczéma, ou la chute des cheveux sont plus fréquents chez les personnes angoissées.

Conseils pratiques

Apprendre à gérer son stress par diverses méthodes, que l'on peut associer:

  • Développer les loisirs. Il est important que la vie ne soit pas uniquement centrée sur le travail. Avoir à côté une activité complémentaire (bricolage, lecture, photographie...) permet de changer de centre d'intérêt.
  • Faire des exercices de relaxation (stretching, yoga, sauna) ou se ménager des moments de détente dans la journée.
  • Pratiquer un sport ou une activité physique régulière. Le sport permet d'atténuer les effets du stress.
  • Avoir une alimentation équilibrée. Attention au café, au tabac et à l'alcool: ils peuvent agir comme des calmants dans des situations stressantes, mais pris en excès, ils ne font alors que renforcer l'angoisse.
  • Bien dormir. Le sommeil profond en début de nuit permet de récupérer de la fatigue physique. Le sommeil paradoxal permet à l'inconscient de faire le point et de digérer les événements de la journée.

Quand consulter

Les motifs de consultation sont multiples car les facteurs psychiques peuvent agir sur de nombreux organes, à divers degrés:

  • tête: migraines, chute de cheveux.
  • peau: urticaire, psoriasis (plaques rouges recouvertes de squames), eczéma, herpès.
  • estomac: gastrite (inflammation de la muqueuse de l'estomac), ulcère de l'estomac.
  • intestin: colite spasmodique (ballonnement, spasmes, constipation).
  • coeur: palpitations, extrasystoles (battements cardiaques prématurés donnant une sensation de coups de boutoir), hypertension artérielle.
  • poumons: asthme (l'asthme est une maladie allergique, mais les crises peuvent être majorées par l'anxiété).
  • muscles: contractures, spasmophilie (contractions musculaires violentes et incontrôlables), tétanie (contractions musculaires involontaires liées à une baisse du calcium dans le sang).
  • vessie: cystite (brûlures urinaires).

La liste des pathologies possibles liées au stress est longue, car pratiquement tous les organes peuvent être touchés par des déséquilibres nerveux, immunitaires, hormonaux engendrés par un problème psychique qui perdure.

Examen

L'examen est évidemment fonction des troubles présentés. Par l'interrogatoire, le médecin tentera de faire la part entre le psychisme (émotivité, angoisse, anxiété, surmenage…) et le somatique (atteinte d'un organe). Des examens complémentaires (électrocardiogramme, holter, radiographie, échographie abdominale, endoscopie, etc.) peuvent être nécessaires, notamment en cas d'échec du traitement de première intention.

Traitement

Chaque cas est particulier et le traitement doit tenir compte de la situation dans laquelle se trouve la personne.
Dans certains cas, il se fait uniquement par la prise de médicaments appropriés aux symptômes physiques, comme par exemple dans le cas de l'hypertension artérielle.
D'autres médicaments, peuvent limiter les symptômes liés au stress: anxiolytiques, bêtabloquants, somnifères. Ils ne sont délivrés que sur ordonnance car certains d'entre eux peuvent entraîner une dépendance, d'autres peuvent avoir des effets secondaires plus ou moins importants.
Par l'écoute, les psychothérapies (de soutien, comportementale, analytique…) jouent un rôle essentiel pour atténuer les symptômes, aider la personne à sortir de la somatisation éventuelle de son trouble et lui apprendre à mieux affronter les situations de stress.

Source

  • Auteur : Dr Sylvie Coulomb
  • Source : Pour en finir avec les maladies psychosomatiques. F.B. Michel, P. Gasaix. Albin Michel. Clinique des troubles psychosomatiques. N. Dumet. Dunod. Symptôme psychosomatique. Un langage du corps à décoder. Contant. Ellipses.
  • Dernière modification le 19-10-2015