Migraine et autres maux de tête

Définition

Les 13 types de maux de tête qui existent se classent en deux sous-groupes:

  • les maux de tête primaires (céphalées primaires),
  • maux de tête secondaires (céphalées secondaires).
Les maux de tête primaires sont le résultat de problèmes biologiques du cerveau, tandis que les maux de tête secondaires accompagnent une maladie sous-jacente, comme une tumeur cérébrale, un anévrisme, une méningite et autres.

Types

Les différents types de maux de tête primaires

On trouve cinq types de maux de tête primaires, dont le mal de tête "ordinaire" (médicalement appelé céphalée de tension) et la migraine.

La migraine touche plus de femmes que d'hommes à cause des fluctuations d'hormones oestrogéniques et des prostaglandines.

Dans plus de 90 % des cas, la migraine est chronique débute à l'adolescence et tend à disparaître naturellement après la cinquantaine, bien qu'on puisse encore en souffrir à 80 ans.

Il faut aussi savoir que la migraine peut parfois aussi toucher les enfants.

Même si la fréquence de survenue d'une migraine est variable selon les individus et que les périodes de rémission peuvent être très longues, la plupart des migraineux ont de une à six crises par mois.
C'est beaucoup, d'autant que la migraine est le type de céphalée le plus douloureux.
En effet, une migraine peut rendre malade au point d'empêcher la personne atteinte de poursuivre ses activités normales.

Les 4 étapes d'une migraine

La migraine se manifeste en quatre étapes (qui ne sont pas toujours toutes ressenties par les migraineux):

La phase prémonitoire de la migraine (ou prodrome, vécue par 60 % des migraineux)

  • fringales sucrées;
  • bâillements répétitifs;
  • fébrilité;
  • très grande fatigue ou, au contraire, insomnie;
  • débute 24 heures avant l'apparition de la douleur.

Migraine: la phase avec aura (touche environ 15 % des gens)

  • troubles visuels (zigzags ou halos de couleur, taches brillantes ou noires, diminution de la vision);
  • picotements à la joue, la langue, les lèvres et/ou la main;
  • difficulté d'expression de la pensée ou d'articulation;
  • manque de force dans les bras ou les jambes;
  • apparaît de cinq minutes à une heure avant la douleur.

Migraine: la phase douloureuse

  • douleur de la tête (partout ou en un point bien précis), de modérée à très intense;
  • douleur parfois intolérable au point d'obliger à s'isoler et à ne pas bouger;
  • pulsations (impression d'entendre battre son coeur dans sa tête) ou martèlement (impression de coups dans le crâne) lors d'efforts ou de changement de position;
  • nausées, parfois accompagnées de vomissements;
  • intolérance au bruit, à la lumière ou aux odeurs;
  • peut durer deux heures chez les enfants et adolescents, et de quatre heures à trois jours chez les adultes.

Migraine: la phase "post-ictale" (phase du lendemain, vécue par tous les migraineux, mais à divers degrés d'intensité)

  • fatigue;
  • ou, au contraire, impression d'aller beaucoup mieux, de "ressusciter" (très rare).

Causes

Migraine due à une anomalie génétique

Pendant très longtemps, on a accusé le stress et l'anxiété d'être les grands responsables de la migraine.

Depuis une dizaine d'années, grâce aux nouvelles technologies comme le scanner, les scientifiques sont en mesure de visualiser l'intérieur du crâne et de mieux comprendre le problème.

On sait maintenant que la migraine résulte d'un désordre chimique et électrique cérébral, qui entraîne une hyperexcitabilité du cerveau et une hyperperception des sens (yeux, nez, peau, oreilles, émotions).

Le cerveau migraineux est donc un cerveau qui est trop excité par certains stimuli, ce qui déclenche une crise. La douleur de la migraine est le résultat de l'action de médiateurs chimiques sur les nerfs et des vaisseaux à la surface du cerveau.

Ce désordre chimique et électrique est transmis génétiquement par les parents, mais plus facilement par la femme (sans qu'on sache encore pourquoi).
En effet, une personne aura 29,8 % de risques d'être migraineuse si sa mère l'est aussi, 5,2 % si c'est le père qui en est atteint et étonnament, 15,3 % de risques si les deux parents souffrent de migraine.

Migraine: facteurs déclencheurs

Les stimuli suivants peuvent surexciter les sens d'une personne migraineuse et provoquer une crise de migraine:

  • Les éléments psychoémotionnels (stress quotidien ou lié à un événement, anxiété).
  • Les habitudes de vie (sommeil irrégulier, horaires surchargés, etc.).
  • L'environnement (humidité, chaleur, changements brusques de température).
  • Les efforts physiques ou intellectuels (course, football, tennis, orgasme, longues heures d'études, etc.).
  • Certains aliments.

Chez la femme, les fluctuations hormonales sont susceptibles de causer une migraine, parce que les hormones et les prostaglandines (messagers chimiques du cerveau) peuvent influer sur les signaux de la douleur.
On parle ici de puberté, d'ovulation, de menstruations, de grossesse, d'accouchement, de problèmes post-partum, de préménopause et d'endométriose.
On peut aussi constater l'apparition de migraine au cours des premières semaines qui suivent une prise de contraceptifs oraux ou d'hormones de substitution (hormonothérapie de la ménopause).

Conseils pratiques

Se reposer

Si vous ressentez les premières douleurs de la migraine, essayez de vous reposer. Si possible, étendez-vous dans le noir, dans un endroit sans bruit où vous ne serez pas dérangé, jusqu'à ce que les médicaments fassent effet. Tant mieux si vous vous endormez: il a été démontré que le sommeil contribue à soulager les céphalées.

Mettre de la glace

De la glace enveloppée dans un linge et appliquée sur la zone douloureuse pourra vous apporter un certain soulagement.

Ne pas abuser des analgésiques

Il est tout à fait indiqué de prendre des comprimés d'aspirine ou de paracétamol pour soulager un mal de tête occasionnel. Il est donc naturel d'être tenté de le faire pour la migraine. Cependant, il faut savoir que le recours continuel à ces médicaments ne soulage la douleur migraineuse qu'en partie et pendant une courte période. Chez les migraineux, ces substances risquent de modifier le fonctionnement de certains réseaux du cerveau, de sorte que, chaque fois que l'effet calmant s'atténue, la douleur revient, tout aussi fulgurante. C'est ce qu'on appelle la "céphalée médicamenteuse". Si vous souffrez de migraine, consultez votre médecin. Il saura vous prescrire des produits efficaces et plus spécifiques.

Déterminer les facteurs déclencheurs

Notez les renseignements concernant vos migraines: le moment de leur apparition, les aliments ou les autres facteurs qui ont pu les provoquer, etc. Cela vous permettra de trouver certains moyens de prévention et de les appliquer.

Mener une vie équilibrée

Adoptez une saine alimentation, faites des exercices quotidiens non violents (comme la marche) et apprenez à gérer le stress quotidien (techniques de relaxation, activités de loisir, etc.).

Essayer les médecines douces

Si vous n'aimez pas prendre des médicaments, l'acupuncture, les techniques de relaxation, les modifications alimentaires (voir l'encadré), la physiothérapie, la massothérapie et la chiropractie sont d'autres moyens de soulager vos migraines.

Apprendre à connaître la maladie

Renseignez-vous sur la migraine. Plus vous connaîtrez cette maladie chronique, mieux vous pourrez la surmonter.

Se renseigner avant de prendre des anovulants ou de suivre une hormonothérapie

Les femmes qui commencent à prendre la pilule contraceptive ou celles qui suivent une hormonothérapie risquent de souffrir de migraines pour la première fois de leur vie (surtout en cas de migraine dans l'histoire familiale) ou de voir leur migraine habituelle s'accentuer. Toutefois, les contraceptifs oraux et l'hormonothérapie ne sont pas contre-indiqués pour toutes les migraineuses; ils le sont essentiellement pour les femmes ayant des migraines précédées d'auras (pour des raisons encore non expliquées sur le plan scientifique). Parlez-en à votre médecin.

Quand consulter

  • Le mal de tête est si douloureux qu'il nuit à votre qualité de vie et à vos activités quotidiennes.
  • Vous avez des céphalées à répétition.
  • Vous êtes enceinte et souffrez de migraine.
  • Vous songez à prendre la pilule contraceptive ou à suivre une hormonothérapie. De plus, des antécédents de migraine sont connus dans votre famille.
  • Vous êtes traitée pour la migraine et vous planifiez une grossesse.
  • Les médicaments qu'on vous a prescrits n'apportent guère d'amélioration.
  • Les effets secondaires de ces médicaments vous empêchent de fonctionner (somnolence, nausée, etc.)

Examen

Le médecin vous interroge minutieusement sur vos maux de tête, vos antécédents familiaux, vos habitudes de vie et les médicaments utilisés. Un examen complet est aussi requis afin, notamment, d'éliminer toute possibilité de maladie sous-jacente. Pour cela, il est parfois nécessaire de recourir à un scanner du cerveau ou à des radiographies du cou et des sinus, par exemple.

Traitement

Pour soulager la douleur et diminuer le nombre et l'intensité des crises, le médecin peut recourir à différents types de médicaments. Ceux-ci ne peuvent empêcher les phases qui précèdent la douleur (la phase prémonitoire et la phase avec aura), mais ils régulent efficacement l'excitabilité du cerveau et les circuits de la douleur. Tout d'abord, il y a les triptans. Ces médicaments ont révolutionné le traitement des migraines par leur efficacité, parce qu'ils ont peu d'effets indésirables et qu'ils agissent directement sur la cause de la migraine. Ils peuvent éliminer entre 75 % et 100 % de la douleur en moins de deux heures, ce qui permet au migraineux de retrouver toutes ses capacités pour le restant de la journée. Les triptans sont spécifiques à la migraine, c'est-à-dire qu'ils n'agissent pas sur d'autres types de douleur (mal de dent, otite, fracture, etc.). On évite toutefois de les prescrire aux enfants de moins de 12 ans, car la sécurité et l'efficacité de ce traitement n'ont pas encore été prouvées dans leur cas. Pour les enfants, certains anti-inflammatoires et analgésiques (vendus sur ordonnance seulement) peuvent être utilisés. Parmi ces anti-inflammatoires, citons l'ibuprofène, le naproxen, le kétoprofène et l'indométhacine. Ces médicaments agissent sur les prostaglandines, messagers chimiques qui influent sur les signaux de la douleur dans le système nerveux central. Le traitement de la migraine demande plus de précautions chez les personnes de plus de 40 ans qui souffrent de troubles vasculaires, d'hypertension, de diabète ou d'hypercholestérolémie. Chez ces patients, qui ont souvent des artères malades, certains médicaments spécifiques (comme les triptans) peuvent parfois avoir un effet vasoconstricteur contre-indiqué (contractions des vaisseaux sanguins). Un examen médical minutieux s'impose pour prescrire la bonne catégorie de médicaments. Lorsque les patients ont plus de quatre crises par mois, ou que leurs crises sont longues, très importantes et difficiles à supporter, l'utilisation de produits préventifs est indiquée. Ces produits ont pour propriété de réduire l'excitabilité cérébrale entre les crises, d'espacer les épisodes de migraine, d'en réduire la durée et l'intensité. Parmi les médicaments proposés, il y a les tricycliques, les bêtabloquants, les antagonistes de la sérotonine, les inhibiteurs du canal calcique et les gabergiques. Naturellement, l'utilisation des triptans ou des anti-inflammatoires demeure indiquée pour les périodes de crise.

Source

  • Auteur : Dr Guy Boudreau, Omnipraticien
  • Source : Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 2001
  • Dernière modification le 19-10-2015