Sclérose en plaques

Définition

Cette affection chronique du système nerveux débute généralement entre 20 et 40 ans et affecte principalement les femmes.

Elle est la première cause de handicap sévère, acquise sans traumatisme, du sujet jeune. Néanmoins, elle a largement bénéficié ces dernières années des progrès diagnostiques et thérapeutiques.

L'évolution de la Sclérose En Plaques (SEP) est principalement marquée par une succession de poussées : apparition ou aggravation de signes neurologiques qui disparaissent partiellement ou en totalité. Il existe des formes progressives, correspondant à une aggravation sur 6 à 12 mois.

Symptômes

Dans les formes bénignes, la vie professionnelle reste normale ou est peu gênée. Dans les formes communes, le handicap est net après environ 10 ans, la perte de la marche survient en moyenne 20 ans après le début de la maladie. Dans les formes graves, le handicap est majeur en 1 à 2 ans, grevant l'espérance de vie à court terme (5 à 10 ans).

Causes

C'est la dissémination dans le temps et dans l'espace, de lésions de la substance blanche du système nerveux central (cerveau et moelle épinière). Une hypothèse suggère l'incorporation d'une particule virale dans la cellule nerveuse, responsable de la dénaturation d'une partie de ses constituants (myéline).

Conseils pratiques

  • Se faire suivre par son médecin généraliste et son neurologue. Gardant un rythme de base d'une consultation spécialisée par an, il faut les rapprocher si l'état physique ou la surveillance du traitement le justifient.
  • Demander une prise en charge à 100 %.
  • Maintenir le plus longtemps possible son activité professionnelle, quitte à adapter le poste de travail. Le médecin du travail doit être un partenaire. Sous couvert du secret médical, il peut proposer une reconnaissance du statut de travailleur handicapé à la COTOREP (Commission technique d'orientation et de reclassement professionnel). Cette instance ouvre des droits particuliers et attribue diverses allocations.
  • Suivre des séances de rééducation selon le stade de la maladie. Au départ, des exercices d'assouplissements, des séquences de marche, d'entretien musculaire et d'équilibre. Plus tard, il faudra lutter contre les attitudes vicieuses, contre la perte des activités de la vie quotidienne. Enfin, l'objectif est de s'adapter aux aides matérielles (fauteuil roulant, aménagement de l'habitat) et maintenir la fonction respiratoire.
  • A propos de la grossesse : Il n'y a pas de risque d'aggravation du handicap en raison de la grossesse. Il n'y a pas d'augmentation du risque obstétrical et néonatal. La péridurale ou l'allaitement ne changent pas le cours de la maladie. Par contre, le risque de faire une poussée, qui diminue fortement au troisième trimestre de la grossesse, augmente nettement dans les trois mois suivant l'accouchement.
  • Les vaccinations n'ont pas démontré d'augmentation du risque de déclenchement ou d'aggravation de la maladie, par rapport à la population générale.

Quand consulter

Dès l'installation en quelques jours ou quelques semaines, plus rarement en quelques heures d'une gène dans les mouvements ou les perceptions sensitives. Une baisse de la vision, la fatigue inexpliquée, les crampes, l'apparition de mouvements anormaux, la raideur et parfois les troubles sphinctériens sont autant de signaux qui doivent alerter, d'autant qu'ils touchent un sujet âgé de 15 à 40 ans.

Examen

Le diagnostic de SEP repose un faisceau d'arguments, comme des signes physiques, le résultat d'examens complémentaires, l'évolution, et l'absence d'autre maladie susceptible d'expliquer l'ensemble des signes observés. C'est le neurologue qui posera le diagnostic.

Juste après l'examen clinique à la recherche de signes neurologiques particuliers (modification de certains réflexes, troubles du mouvement ou paralysie d'un membre, sensation de fourmillements, de crampes ou de décharges électriques, troubles de la vision, de l'équilibre, etc.) l'examen clef est l'IRM. Il permet de compter les lésions, de définir leur forme, leur taille, leur localisation, leur évolution.

En revanche, la ponction lombaire, pour l'étude du liquide céphalorachidien n'est plus absolument indispensable, sauf pour éliminer une autre hypothèse diagnostique. Les potentiels évoqués, très utilisés avant les progrès de l'IRM, ont également perdu beaucoup d'intérêt. Enfin, une prise de sang recherche un syndrome inflammatoire (numération de la formule sanguine, vitesse de sédimentation, protéine C réactive).

Traitement

L'intérêt du diagnostic précoce, c'est qu'il y a maintenant des solutions à proposer, modifiant l'évolution naturelle de la SEP, au moins dans les premières années. Il est vrai que l'évolution à long terme est moins influencée. Compte tenu de la lente évolution de cette maladie, le malade et ses proches doivent s'impliquer activement dans la démarche thérapeutique, pour mieux s'adapter aux changements.

Lors des poussées
On administre des corticoïdes (méthylprednisone) par voie intraveineuse, en cure de trois jours. Ce médicament est bien toléré et semble réduire la durée des poussées.

Pour les formes récidivantes
Trois interférons sont disponibles, d'efficacité environ identique. Toutes les études actuelles montrent une action non négligeable de ces médicaments: baisse du nombre des poussées, ralentissement de l'aggravation du handicap, meilleure qualité de vie. En général, cette thérapie est utilisée quand il y a eu au moins 2 poussées au cours des 2 ou 3 années précédentes, mais certains préconisent son emploi dès la première, quand les patients sont considérés à haut risque.

Lors des formes agressives
Certains immunosuppresseurs (utilisés en cancérologie), sont utiles, mais les résultats d'études complémentaires sont en attente.

Le traitement des signes associés
La fatigue de la SEP est très spécifique à cette pathologie: indépendante des poussées, elle est permanente et est souvent considérée comme le symptôme le plus gênant. Elle n'est pas identique à celle accompagnant la prise de médicaments ou la dépression. Elle ne contre-indique pas l'effort physique, mais peut être améliorée par le fractionnement des efforts.

La douleur, souvent présente, peut être maîtrisée sous réserve qu'elle soit correctement définie, selon son type, son origine (musculaire ou neurologiques), etc.

Source

  • Auteur : Dr Stéphanie Lehmann
  • Source : Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 2001
  • Dernière modification le 19-10-2015