Hémorroïde

Définition

Les hémorroïdes sont la conséquence d'une dilatation des veines situées près de l'anus et du rectum. Cette dilatation, qui entraîne la formation de petites "boules" dont le volume est variable d'une personne à une autre, survient à l'intérieur du rectum.

Les efforts (à la défécation ou pendant un travail physique exigeant) et la gravité (travailler continuellement debout, par exemple) peuvent quelquefois faire "sortir" les hémorroïdes près de l'ouverture de l'anus. On constate alors leur présence au toucher: il y en a habituellement deux ou trois, qui correspondent aux veines situées dans cette région. Elles peuvent être grosses comme un petit pois ou même comme un oeuf.

Il y a quatre types d'hémorroïdes. Dans les cas les moins graves, les hémorroïdes restent internes et seuls des saignements (tout à fait bénins) trahissent leur présence.

Il y a ensuite les hémorroïdes internes, qui sortent à la défécation, mais qui rentrent toutes seules après; il y a aussi celles que la personne peut, si elle le veut, faire rentrer dans son rectum en poussant dessus avec un doigt (ces deux types d'hémorroïdes sont les plus courants).

Enfin, les cas les plus sérieux sont ceux où il est impossible de faire rentrer les hémorroïdes dans le rectum (hémorroïdes externes).

Les hémorroïdes sont assez fréquentes. On estime que plus de 20 % des hommes et des femmes en souffrent avant l'âge de 50 ans. En outre, le nombre de cas augmente avec le vieillissement, sans doute à cause du relâchement des muscles rectaux. En revanche, le problème touche très peu les enfants.

Internes ou externes, les hémorroïdes ne sont pas dangereuses. Elles ne mènent pas à un cancer ou à d'autres maladies sérieuses et n'empêchent pas de mener une vie normale. En outre, il arrive parfois, en changeant certaines habitudes de vie, que la dilatation des veines diminue graduellement et que les hémorroïdes perdent du volume ou finissent par se résorber au bout de quelques mois ou années.

Les hémorroïdes internes ou externes peuvent entraîner les symptômes suivants:

  • Saignements variables (quelques gouttes ou un filet de sang notable) constatés après la défécation sur le papier de toilette, la surface de l'eau ou sur les sous-vêtements (ce n'est jamais du sang mélangé aux selles ou des selles teintées de sang. Si c'est le cas, cela dénote un autre problème).
  • Saignements variables qui peuvent survenir n'importe quand s'il y a une petite déchirure sur une des hémorroïdes.
  • Inconfort ou douleur diffuse à l'anus quand les hémorroïdes internes "sortent" du rectum (il ne s'agit pas d'une douleur forte à la défécation, laquelle indique plutôt des fissures anales).
  • Possibilité de démangeaisons rectales en présence d'hémorroïdes externes.

Symptômes

Causes

Pression sur les veines rectales. Une trop grande pression sur les veines situées au pourtour de l'anus cause leur dilatation (leur gonflement). Les facteurs de risque les plus fréquents sont la constipation, la grossesse, l'obésité, l'effort physique intense, une position debout prolongée et la présence de certaines tumeurs rectales ou d'une cirrhose du foie (dans ce cas, le sang circule mal dans le circuit veineux, ce qui augmente le débit sanguin des veines de l'anus, d'où la pression). Les mêmes facteurs sont responsables de leur "sortie" hors du rectum.

Conseils pratiques

Consulter un médecin. Si vous avez des hémorroïdes pour la première fois, il est important d'obtenir un diagnostic de votre médecin afin d'écarter toute autre maladie. Les saignements parfois associés à la présence d'hémorroïdes ainsi que leur forme peuvent être confondus avec les symptômes d'une maladie plus grave.

Pour soulager l'inconfort. Prenez un bain de siège. Trempez-vous les fesses dans l'eau (à une température confortable pour vous) pendant environ 20 minutes, deux à trois fois par jour. Cela va diminuer l'inconfort, la douleur diffuse et les démangeaisons beaucoup mieux que les produits vendus en pharmacie. Si vous travaillez assis, un coussin en forme de beignet peut aider à soulager l'inconfort. Vous en trouverez en pharmacie ou dans les magasins de fournitures médicales.

Ne pas se précipiter sur les produits pharmaceutiques. Les crèmes (du type Préparation H) et les suppositoires anesthésiques en vente libre apportent un certain soulagement des démangeaisons, car ils engourdissent la région anale. Ils ne guérissent pas les hémorroïdes. Ils irritent en outre la peau, car ce sont des produits chimiques, et ils finissent par empirer le problème d'inconfort. Avant de les utiliser, parlez-en à votre médecin.

S'abstenir de se gratter. Vous pourriez endommager les parois délicates des veines et aggraver la situation.

Prévenir la constipation. Buvez beaucoup d'eau (8 à 10 verres par jour) et mangez plus de fibres. Donc, mettez au menu fruits et légumes crus ou peu cuits, légumineuses (surtout les lentilles, les haricots blancs, les fèves de Lima et les pois chiches), le riz brun, les noix, les céréales à grains entiers (notamment l'avoine, le son et le blé) et le pain complet. Évitez les mets riches en graisses et les aliments raffinés, qui ne contiennent que peu de fibres (riz blanc, pain blanc, pâtisseries, etc.).
Augmentez votre consommation de fibres petit à petit (sur six à huit semaines). Une brusque augmentation de l'apport de fibres alimentaires peut avoir des effets désagréables, comme des ballonnements et des flatulences.

Éviter les laxatifs à long terme. Les laxatifs chimiques (pastilles, liquides ou suppositoires) créent une accoutumance, car ils stimulent artificiellement le fonctionnement de l'intestin (ils peuvent toutefois être prescrits par un médecin, dans certains cas graves). Si vous êtes vraiment très constipé, tournez-vous vers les laxatifs naturels qui contiennent des fibres, comme les graines de psyllium. Le jus de pruneaux est aussi une bonne solution pour contrer la constipation (comme c'est un laxatif assez puissant, un verre par jour suffit). Il faut savoir que la plupart des tisanes laxatives (queues de cerises, notamment) sont très purgatives et peuvent irriter les intestins; mieux vaut en consommer le moins possible ou sur le conseil d'un pharmacien ou d'un médecin.

Limiter la consommation de certains aliments. L'excès de sel peut aggraver les hémorroïdes, car il retient les fluides dans le système circulatoire, ce qui fait, entre autres, saillir les veines dans l'anus. Et, sans aggraver les hémorroïdes, certains aliments peuvent contribuer au problème en irritant l'anus au moment de la défécation: café, épices, bière et boissons à base de caféine.

Faciliter l'évacuation des selles. Si vous avez vraiment beaucoup de difficultés à évacuer vos selles ou si celles-ci restent dures même avec une meilleure alimentation, vous pouvez lubrifier votre anus avec un peu de vaseline. À l'aide d'un tampon de coton ou d'un doigt, étendez la vaseline jusqu'à une profondeur d'environ 1 cm dans le rectum. En outre, allez à la selle de façon régulière et ne vous retenez pas d'y aller, car cela entraîne un durcissement des selles.

Ne pas rester trop longtemps aux toilettes. Évitez de rester trop longtemps sur le siège des toilettes (pour y lire, par exemple). Cette position entraîne un relâchement des muscles rectaux, ce qui incite le sang à remplir les veines et crée une pression anale pouvant causer des hémorroïdes ou les faire sortir. Et si elles sont déjà sorties, la pression supplémentaire peut causer de la douleur.

Modifier son hygiène. Si vous avez des hémorroïdes, lavez votre région anale délicatement avec un savon doux non parfumé et essuyez-vous doucement. Choisissez un papier hygiénique très doux et non parfumé. Ces conseils s'appliquent aussi pour la démangeaison anale.

Faire de l'exercice. La pratique régulière (au moins trois fois par semaine) d'une activité physique (comme la marche) assure la bonne circulation du sang et le bon fonctionnement des organes internes, ce qui aide à prévenir les hémorroïdes. En outre, chez les personnes obèses, la perte de poids peut être la solution aux problèmes d'hémorroïdes. Toutefois, si vous avez des hémorroïdes, évitez les exercices qui demandent de la force (les poids et haltères, par exemple). L'effort physique exigé est suffisant pour faire sortir les hémorroïdes ou augmenter l'inconfort.

Pendant la grossesse, alléger la pression. Pendant la grossesse, l'utérus s'appuie directement sur les circuits sanguins des veines rectales. Pour éviter la formation d'hémorroïdes, couchez-vous sur le côté gauche (le réseau veineux se trouve plus à droite) pendant 20 minutes, deux à trois fois par jour. Prévenez aussi la constipation, qui est courante chez les femmes enceintes.

Quand consulter

  • Vos hémorroïdes vous causent de l'inconfort, elles sont douloureuses ou saignent beaucoup.
  • Vous tentez sans succès de faire rentrer les hémorroïdes.
  • Vous ressentez des démangeaisons intenses.

Examen

Pour poser son diagnostic, le médecin procède simplement à un examen visuel et à un toucher.

Traitement

Le changement dans l'alimentation et les habitudes de vie suffit généralement à diminuer la pression sur les veines rectales. Cela évite que le problème ne s'aggrave; cela peut également faire diminuer le volume des hémorroïdes ou même les faire disparaître avec le temps. Les hémorroïdes causées par la grossesse ou l'accouchement sont habituellement un problème temporaire; elles finissent souvent par se résorber après quelques mois.

On pourra vous prescrire une crème à la cortisone pendant quelques jours pour soulager les démangeaisons intenses.

S'il s'agit d'hémorroïdes internes qui causent un saignement, le médecin peut installer dans le rectum, sans anesthésie ni douleur, un petit élastique autour des hémorroïdes. Cela a pour effet d'empêcher la circulation du sang dans la veine dilatée, de sorte qu'elle diminue de volume et finit par s'atrophier. Au bout de quelques jours, l'élastique tombe de lui-même et le problème est réglé.

S'il y a aussi changement dans les habitudes de vie, les risques de récidive sont très faibles. Cette méthode ne peut être utilisée pour les hémorroïdes externes, car celles-ci sont situées dans une zone très sensible et la pose d'un élastique entraînerait une douleur très vive, semblable à celle d'une thrombose hémorroïdaire.

Dans les cas où les hémorroïdes internes ou externes causent beaucoup d'inconfort ou lorsqu'il n'est pas possible de les faire rentrer dans le rectum en poussant dessus, on peut pratiquer une opération sous anesthésie générale pour les enlever. Les récidives sont plutôt rares. Le changement dans l'alimentation et les habitudes de vie suffit généralement à diminuer la pression sur les veines rectales. Cela évite que le problème ne s'aggrave; cela peut également faire diminuer le volume des hémorroïdes ou même les faire disparaître avec le temps. Les hémorroïdes causées par la grossesse ou l'accouchement sont habituellement un problème temporaire; elles finissent souvent par se résorber après quelques mois.

On pourra vous prescrire une crème à la cortisone pendant quelques jours pour soulager les démangeaisons intenses.
S'il s'agit d'hémorroïdes internes qui causent un saignement, le médecin peut installer dans le rectum, sans anesthésie ni douleur, un petit élastique autour des hémorroïdes. Cela a pour effet d'empêcher la circulation du sang dans la veine dilatée, de sorte qu'elle diminue de volume et finit par s'atrophier. Au bout de quelques jours, l'élastique tombe de lui-même et le problème est réglé. S'il y a aussi changement dans les habitudes de vie, les risques de récidive sont très faibles. Cette méthode ne peut être utilisée pour les hémorroïdes externes, car celles-ci sont situées dans une zone très sensible et la pose d'un élastique entraînerait une douleur très vive, semblable à celle d'une thrombose hémorroïdaire.

Dans les cas où les hémorroïdes internes ou externes causent beaucoup d'inconfort ou lorsqu'il n'est pas possible de les faire rentrer dans le rectum en poussant dessus, on peut pratiquer une opération sous anesthésie générale pour les enlever. Les récidives sont plutôt rares.

La thrombose hémorroïdaire

Source

  • Auteur : Dr Yves Perreault, Chirurgien général, Hôpital du Haut-Richelieu, Saint-Jean-sur-Richelieu
  • Source : Guide familial des maladies publié sous la direction du Dr André H. Dandavino - Copyright Rogers Média, 2001
  • Dernière modification le 19-10-2015